samedi 24 avril 2010

GEOGRAPHIE: La puissance économique de l'Union Européenne

LA PUISSANCE ECONOMIQUE DE L’UNION EUROPEENNE



INTRO.

Le sujet : puissance éco: puissance = être puissant, c'est être fort, c'est pouvoir beaucoup, avec l'idée d'influence, de rayonnement sur les autres. En anglais, un seul mot pour puissance et pouvoir (power). En géographie, on étudie donc en quoi un territoire est organisé de manière à être en capacité d'exercer de l'influence sur le reste du monde, et donc on étudie aussi en quoi ce territoire a de l'influence sur le monde. On se pose en particulier la problématique des espaces de la puissance: qu'est ce qui, dans le territoire, permet la puissance, c'est à dire le rayonnement vers l'extérieur
Puissance peut être dans tous les domaines, pour l'UE, on ne l'étudie que du point de vue éco, pourquoi: UE construction essentiellement éco: Née de la mise en commun de la production du charbon et de l’acier dans un espace formé par six Etats de l’Ouest, elle s’est progressivement constituée en puissance économique grâce à son élargissement et à son approfondissement. Elle compte aujourd’hui 27 membres, environ 480 millions d’habitants pour un peu moins de 4,5 millions de km2.

L’UE est l’une des trois aires de puissance du monde et l’un des trois pôles de la Triade. A la différence des EU et du Japon, la puissance de l’UE n’est pas celle d’un Etat indépendant mais une puissance cumulée.
Quels sont les espaces (internes à l'UE et externes) mais aussi les limites de la puissance européenne?

I) LES CARACTERES DE LA PUISSANCE ECONOMIQUE EUROPEENNE

A) L’UE, pôle majeur de l’économie mondiale et de la Triade.

1) L’UE à 27 : l’espace économique le plus puissant du monde :

a) 1p 151: Le 1er PIB du monde : 14 000 milliards de dollars, devant les EU et le Japon soit le 1er rang mondial pour la valeur de ses productions agricoles, industrielles et de services. 30% du PIB mondial
La 2ème puissance agricole fondée sur le productivisme généré par la PAC concurrence par ses exportations les EU. Le tertiaire est largement dominant et est surtout un tertiaire supérieur. Les activités industrielles sont tournées vers les industries de pointe et high tech et entraînent le développement des services périproductifs à cause de l’essor de l’externalisation.
Doc Airbus: lire : un exemple de coopération entre pays, des savoir faire différents dans chaque Etat. Problème du dollar, euro trop fort.
En termes de développement durable, que peut-on dire? Une éco moins gourmande en énergie que les autres puissances de la triade, presque deux fois moins à production égale (un peu moins d'utilisation du pétrole: nucléaire français, choix énergétiques différents en europe du nord,

b) Une grande qualité de la RD (Recherche Développement) qui contribue à la diversité des productions de biens et de services.

2) Des métropoles internationales dont deux villes-monde :
Londres et Paris,
les capitales des Etats (de l’Ouest en particulier) et la Mégalopole européenne ou Dorsale allant de Milan au Sud jusqu’à Amsterdam et Rotterdam en passant par les agglomérations de l’axe rhénan et du Benelux. Toutes sont des hauts lieux de la mondialisation.

3) Un grand foyer touristique et un foyer d’immigration internationale très attractif, le 2ème après les EU, en particulier pour les pays du Sud (Afrique, Moyen-Orient, Asie)

B) Une grande puissance commerciale et financière mondiale.

1) Le 1er pôle mondial d’échanges commerciaux :

a) Surtout grâce au commerce intra-européen,

Le cœur des échanges est le Nord-Ouest, le noyau central historique de la CEE et les flux majeurs sont entre France et Allemagne.

b) Les partenaires privilégiés sont la Triade et ses extensions : EU (excédents), Japon et NPI et pays émergents d’Asie (déficits). La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont aux premiers rangs.

c) Les produits manufacturés et les services sont dominants dans la structure des échanges.


2) Le 1er pôle mondial pour les flux de capitaux :

a) Le 1er pôle émetteur d’investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’ALENA, les NPI et pays émergents d’Asie puis vers l’Europe de l’Est.

b) Le 1er pôle récepteur d’IDE * surtout intra-européens
* des EU et du Japon ensuite.
IDE car une population nombreuse et à hait niveau de vie (500 Millions)
Ces investissements accentuent les disparités entre régions européennes car ils se concentrent sur les espaces métropolitains : Madrid et Barcelone accaparent, par ex., les 80 % des IDE réalisés en Espagne.

3) Un espace financier mondialisé très polarisé sur plusieurs places boursières, bancaires et d’affaires :

Londres est au 1er rang, vient ensuite Paris. Francfort est en plein essor avec la BCE et la Bundesbank ainsi que Amsterdam. Il y a aussi Zurich, Barcelone, Milan, Madrid, Berlin …
De nombreux sièges d’entreprises dont les FMN ont leurs sièges dans ces villes de la finance, en particulier à Londres et Paris, carte p. 145.
L’Euro est désormais une monnaie de référence internationale. Le RU, le Danemark et la Suède ni les 10 nouveaux arrivants n’utilisent pas l’€. (Il est plus fort aujourd’hui que le $)

C) Les nouveaux espaces de la puissance économique

1) Les métropoles et les espaces métropolitains, soit 4 régions urbaines centrales =



2) Les interfaces maritimes de la Mer du Nord et Baltique : la Northern Range avec les ports de



3) Les régions frontalières intégrées ou euro-régions, ex. Sarlorlux, Flandre—Kent--Nord-Pas de Calais…

4) Les régions agricoles du Nord-Ouest d’agriculture productiviste fortement intégrée à l’agrobusiness et aux marchés mondiaux.
Ex. le Bassin Parisien, la Börde allemande, le Bassin de Londres…


II) LES FONDEMENTS DE LA PUISSANCE EUROPEENNE : DES BASES ANCIENNES ET HUMAINES SOLIDES

(MAIS AUJOURD’HUI DES DEFIS)

A) Des fondements historiques et culturels anciens (remontant au Moyen-Age…)

1) L’accumulation et des traditions de savoirs et savoir-faire, de recherche scientifique et d’innovations technologiques

Ex. Invention du capitalisme commercial et autres techniques commerciales au Moyen-Age (lettres de change, compta en partie double…) par les villes italiennes + imprimerie dans la vallée du Rhin (Mayence)…
Machine à vapeur et toutes les inventions des deux RI du XIXème siècle…

2) Une tradition d’enseignement, d’écoles, d’universités, de transmission des savoirs :

Les Universités européennes ont été créées au Moyen-Age

3) Le berceau du capitalisme et l’accumulation de capitaux commencée au Moyen Age

Tradition médiévale du négoce et de la civilisation urbaine : villes marchandes italiennes (Florence, Venise, Gênes…) dominant la Méditerranée + villes flamandes (Bruges, Gand, Anvers) + villes rhénanes (Cologne…) + villes de Mer du Nord et Baltique (Hambourg, Brême…) + foires de Champagne…
puis accentuée par l’ouverture au monde (en fait sa domination !) dès le XVIème siècle : grand commerce atlantique avec commerce triangulaire Europe-Afrique-Amérique…
et enfin par les deux RI du XIXème siècle… L’Europe a dominé le monde du XIIème siècle jusqu’à la guerre de 1914 !

B) Des facteurs et acteurs efficaces :

1) Des réseaux de communications denses et diversifiés et ouverts sur le monde. Voir diverses cartes + III) A) 1) b).

2) Des entrepreneurs et des salariés bien formés et qualifiés. Cf. le A) 2)

3) Les politiques des Etats et des régions puis de l’UE favorisant le développement économique, technologique et commercial.

Par les subventions, le financement des infrastructures, les politiques communautaires, les négociations au GATT ou l’OMC…voir cours Géo Ière partie, 2ème chapitre + cours Hist. sur UE, 3ème chapitre…

C) Un rayonnement culturel mondial ancien et qui résiste à l’uniformisation et à l’américanisation

Cf. Géo. 1ère partie, chapitre 2 et Hist. 2ème partie chapitre 1 sur modèle européen et son attractivité, Europe bercéeau de la démocratie et des droits de l’Homme….

{ D) Des limites, cependant : des défis politiques et économiques actuels à relever.

1) Des fragilités politiques et géographiques : une construction et une union politiques limitées et de fortes disparités et inégalités régionales (Cf. cours d’Histoire et III)

2) Des fragilités économiques à cause des concurrences des NPIA, des difficultés de reconversion industrielles et aussi de la maîtrise insuffisante des nouveaux réseaux de communication et d’information.

3) Le manque d’attractivité pour « les cerveaux » : les EU sont largement devant l’UE pour le brain drain. La RD y est moins développée qu’aux EU. }

NB Ce dernier point, D), pourrait se traiter dans un III où seraient regroupées toutes les « limites » à la puissance Européenne.

III) DES DISPARITES SPATIALES : UNE AUTRE LIMITE POUR LA PUISSANCE EUROPEENNE, CARTE p. 163

A) Le cœur de l’UE : un espace multipolaire c'est-à-dire la Dorsale et le pentagone métropolitain + les métropoles isolées. {= 1) + 2)}
(Soit la problématique suivante : un ou des Centres pour l’UE ?)

1) Le « Centre » européen : le réseau des métropoles de la Dorsale et ses prolongements du pentagone métropolitain, carte p. 163.

a) Il comprend un semis de villes et de métropoles parfois concurrentes entre elles : c’est-à-dire la Dorsale ou Mégalopole européenne avec Zurich, Francfort, Cologne, la conurbation de la Ruhr (ex. Düsseldorf, Duisburg, Bochum…), Anvers, Bruxelles, Luxembourg, la conurbation de la Randstad Holland (Amsterdam, Rotterdam…) et ses prolongements en réseau vers les régions urbaines de Londres et Paris et aussi Milan, Vienne, Berlin, (Hambourg, Amsterdam, Rotterdam, Londres …) => elles sont en gros disposées en forme de pentagone cf. cartes ou schémas.
Le « cœur de ce cœur » est le triangle Londres-Paris-Francfort.

b) Ces métropoles ont une accessibilité performante et sont des nœuds de puissants réseaux européens et mondiaux : hubs, TGV, autoroutes, plates-formes multimodales, réseaux de NTIC, interfaces portuaires, réseaux financiers et boursiers…

c) Elles sont des centres de décision, de pouvoir, de science et de culture à fort rayonnement : sièges sociaux des entreprises et des FMN, technopoles, universités, écoles, lieux de création artistique et culturelle, lieux touristiques… Leur rayonnement est national, international et mondial, surtout pour les deux villes-monde, Londres et Paris.

2) Il faut lui ajouter des métropoles isolées qui dynamisent leurs espaces environnants : Rome, Barcelone, Madrid, Lisbonne, Copenhague, Stockholm, Helsinki…

B) Les périphéries intégrées de l’Ouest, carte p. 163 :

1) La périphérie annexée ou intégrée formée du reste des pays ayant une partie de leur territoire dans le « centre » et une métropole isolée motrice : le reste de la France, la moitié Nord de l’Espagne et du Portugal, l’Italie centrale, le Sud-Est du RU et de l’Eire, l’Allemagne centrale, le Danemark, le Sud de la Suède et de la Finlande…
Elle est dynamique voire très dynamique mais sous la dépendance du Centre pour les décisions et les investissements.

2) La périphérie isolée et marginalisée où les retards s’atténuent grâce aux fonds structurels européens :

a) Elle est située au pourtour du territoire européen : Est de l’Allemagne en transition, marges septentrionales de la Scandinavie, Corse, Sardaigne, Mezzogiorno italien, Sud de la péninsule ibérique, Grèce, Nord-Ouest de l’Irlande et du Royaume-Uni…

b) Elle comporte des zones en crise et / ou en retard, soit largement rurales (agriculture extensive), soit jamais industrialisées ou aux vieilles industries charbonnières et industrialo-portuaires en crise, soit tournées vers la pêche… Elles sont peu peuplées, enclavées ou peu accessibles, leur PIB est faible et le chômage élevé.

c) Les fonds structurels européens les aident à se reconvertir : entre 2000 et 2006, 70 % de ces crédits européens visant à réduire les inégalités régionales permettront la reconversion, grâce au développement de l’industrie automobile, de 22 millions d’Européens vivant dans cette périphérie marginalisée.

3) Les ultrapériphéries : l’Europe insulaire et lointaine de l’Outremer : les DOM français (Antilles, La Réunion, Guyane), les Canaries espagnoles, Madère et les Açores portugaises…, très fortement subventionnées, en grands retards et dépendances économiques et assimilables au « Sud ».

C) Les périphéries en transition économique de l’Est entrées en 2004 et 2007 et en cours d’intégration, carte p. 163.

1) Dix PECO, 100 millions d’habitants à l’économie et au niveau de vie très en retard sur l’Ouest de l’UE : Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Hongrie, Slovaquie, Rép. Tchèque, Slovénie (soit 9 ex démocraties populaires) et Malte et Chypre. (PECO =

a) La transition économique se fait dans les difficultés : c’est le passage de l’économie planifiée et collectivisée à l’économie capitaliste de marché. Voir cours d’Histoire sur les démocraties populaires.
Leur PIB est de plus de moitié inférieur à la moyenne de l’UE de l’Ouest : les systèmes productifs y ont été désorganisés. Leurs secteurs primaire et secondaire y sont encore dominants, le tertiaire n’occupe que 47 %.
Leurs l’IDH de plus de 0,2 points, le chômage et l’inflation y perdurent, les systèmes de protection sociale y ont été désorganisés.

b) Pourtant, l’UE leur a consacré des fonds pendant la décennie 1990 : pour faire leur transition et pour financer des axes de communication pour les connecter à l’Ouest.

c) De fortes disparités apparaissent à l’intérieur de ces dix pays et vont en s’accentuant :
L’essor économique concerne presque uniquement les capitales et leurs environs
Les secteurs modernisés se développent rapidement aux dépens des autres
Un petit nombre de nouveaux riches, très riches profitent de la transition et les écarts se creusent avec le plus grand nombre qui connaît des difficultés.

2) Les deux nouveaux adhérents de 2007, la Roumanie et la Bulgarie, sont dans la même situation que les 10 PECO qui ont adhéré en 2004.

D) Les pays proches mais en dehors de l’UE ou périphérie externe :

Il s’agit de : * l’ex-Yougoslavie en grande instabilité politique et en proie aux troubles et violences.
* la Turquie qui demande à entrer dans l’UE et dont l’adhésion fait débat…


CONCLUSION :
La « convergence » socio-économique, c'est-à-dire le rattrapage des pays occidentaux de l’UE par les PECO prendra du temps. Le risque est d’enfermer ces pays dans une dépendance durable et d’installer une UE divisée en trois zones : une Europe prospère et directionnelle formée du noyau initial des 12, puis une Europe intermédiaire et enfin une Europe pauvre.

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