mardi 6 avril 2010

HISTOIRE: Bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale en France

Livre p. 252 à 261.

INTRO.
Après la débâcle de l’armée française et l’exode des civils face aux armées de l’Allemagne nazie, Pétain signe l’armistice le 22 juin 1940. La France est alors coupée en deux par la ligne de démarcation : au Nord, la zone occupée par les Allemands, au sud la « zone libre » ou Etat Français dirigé par Pétain (secondé par Laval), gouvernement fascisant antirépublicain et antidémocratique qui collabore avec l’Allemagne hitlérienne. Le 11 novembre 1942, les armées allemandes franchissent la ligne de démarcation et occupent dès lors l’ensemble du territoire. Cette période, de 1940 à 1944, est « l’Occupation ».
Pendant ces années se développent des mouvements de résistance. L’un depuis Londres à partir de l’appel du Général De Gaulle, le 18 juin 1940, est la Résistance extérieure ou « France Libre ». Les autres se développent sur le territoire-même de la France, ce sont les maquis ou Résistance intérieure.
La Libération commence le 6 juin1944, avec le débarquement en Normandie, appuyé en août par le débarquement en Provence. Le 25 août 1944, Paris est libéré. Toute la France est libérée au printemps 1945. Les Résistants, FFL et FFI ont, en même temps que les armées alliées, activement contribué à la Libération.
Quelle est la situation de la France au sortir de la guerre ? Pourquoi le traumatisme de la guerre et de l’Occupation est-il durable ? Quels souvenirs ou « quelles mémoires » les Français ont-ils gardés de cette période de leur Histoire ?

I) BILAN EN 1944-1945 : UN PAYS EPUISE PAR LA GUERRE.

A) Un lourd bilan humain :

1) Pertes directes : victimes, invalides…

a) 600 000 morts, surtout des civils à cause des déportations, des bombardements, des combats menés par les civils dans la Résistance…, 800 000 invalides.

b) Des séquelles durables : carences, fragilités physiologiques, mauvais état de santé…dus aux privations dont le manque de nourriture, les restrictions de toutes sortes, les mauvaises conditions de vie durant la guerre et l’Occupation.

2) Conséquences démographiques à long terme de la dénatalité et de la surmortalité des années de guerre:

a) Réduction du nombre d’adultes en âge de travailler : =>* tous vont accomplir un énorme effort de travail pour assurer la reconstruction d’après guerre,
* besoin de main d’œuvre => appel
à l’immigration jusqu’à la fin des années 60 où la génération du baby-boom va commencer à entrer sur le marché du travail.

b) Vieillissement de la population suite à la dénatalité des années de guerre qui s’ajoute à la dénatalité des années 1920 et 1930.

3) Traumatisme moral :

a) Les Français sont divisés : un fossé s’est creusé entre Résistants, opposants à Pétain, mécontents du régime de Vichy etc… et les collaborateurs, partisans de Vichy, ceux qui s’en sont accommodés…
b) La découverte concrète des camps et des réalités de la déportation, le retour des déportés survivants provoquent un choc psychologique traumatisant dans toute la population.

B) Lourd bilan matériel et économique :

1) D’importantes destructions matérielles :

a) Les infrastructures de transport : voies et moyens de communication : routes, chemins de fer, voies ferrées, ponts, gares, quais des ports et trains, navires…

b) Moyens de production : usines, mines, exploitations agricoles, terres cultivables...

c) Bâtiments, habitations, équipements urbains lors des bombardements sur les villes.

2) Ruine de l’économie :

a) Effondrement de la production dû :
* à sa désorganisation pendant la guerre : travailleurs arrêtes ou déportés, partis en Allemagne pour le STO, entrés dans les maquis ou partis à Londres pour résister…
* aux réquisitions, impositions et prélèvements obligatoires opérés par l’Allemagne nazie en France occupée

b) Impossibilité d’un redémarrage rapide à cause du manque de charbon et de capitaux pour investir.

c) Persistance des pénuries jusqu’en 1949 : par ex. des tickets de rationnement pour l’alimentation…

3) Difficultés financières et monétaires :

a) Le Franc est dévalorisé : il a perdu 80 % de sa valeur de 1939.

b) L’inflation est galopante : 38 % en 1945, 60 % en 1947 à cause du déséquilibre persistant entre l’offre et la demande, les prix flambent.

c) Endettement et déficit budgétaire (70 %)

C) Un pays affaibli sur la scène internationale :

1) Les 1ers ébranlements du système colonial touchent la France dès 1945 :

* Ho Chi Minh proclame unilatéralement l’indépendance de l’Indochine en 1945
* A Sétif, en Algérie, 1ères manifestations nationalistes (Messali Hadj) que l’armée française réprime dans le sang, le 8 mai 1945.

2) La France a été absente des grandes conférences interalliées déjà dominées par les deux Grands préparant la victoire et l’après-guerre à cause du gouvernement de Vichy qui est le gouvernement officiel de la France et qui collabore avec l’Allemagne nazie.

3) Cependant, la France est reconnue comme un pays vainqueur, cf. Yalta :

a) grâce à l’insistance de De Gaulle auprès des Alliés, à la « France Libre » et aux FFL qui ont combattu avec les armées alliées pour la Libération

b) grâce aux Résistants de l’intérieur et aux FFI qui ont été des auxiliaires importants des Alliés pour libérer le territoire national (ex. le Sud-Ouest). Jean Moulin parachuté en France en 1942 depuis Londres a coordonné l’action des deux résistances, extérieure et intérieure, jusqu’à son arrestation et sa mort en 1943.

II) LA RESTAURATION DE L’UNITE NATIONALE : AFFIRMATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT ET EPURATION.

A) Automne 1944 : la restauration de l’autorité de l’Etat par De Gaulle et le GPRF.

1) Le 25 août 1944, libération de Paris : le GPRF s’installe dans la capitale.

a) Le GPRF :
* créé à Alger en juin 1944, succédant au CFLN (
lui-même créé en juin 1943 après le débarquement allié en Algérie et l’installation de De Gaulle à partir de nov. 1942.
* composé de toutes les tendances politiques et de tous les partis qui contribué à la Résistance : ceux de la France Libre et ceux de la Résistance intérieure qui avaient créé le CNR (
) en 1943 et élaboré un programme de gouvernement (nettement à gauche) pour l’après-guerre.

b) De Gaulle, reconnu par tous, est à la tête du GPRF installé à Paris.

2) Le GPRF affirme son autorité centrale face aux forces locales issues de la résistance intérieure à l’automne 1944 :

a) Les forces locales, « les milices patriotiques » sont dissoutes : ce sont les mouvements armés des maquis qui ont libéré leurs régions par les armes (ex. le Sud-Ouest, Toulouse)…)

b) Des commissaires de la République vont dans les départements : ils montrent la présence d’un Etat central représenté par le GPRF et font accepter son autorité sur l’ensemble du territoire français.

c) De Gaulle lui-même multiplie les voyages en province.

 En octobre 1944, après quelques protestations, communistes en particulier, tous se rallient à l’autorité du pouvoir central incarné par le GPRF et De Gaulle.

B) Automne 1944 : l’épuration « sauvage » spontanée fait place à la justice républicaine officielle.

1) L’épuration spontanée aux 1ers jours de la Libération :

6000 exécutions de collaborateurs ou présumés tels sont réalisées par les maquisards, sans jugement officiel, des femmes ont le crâne rasé publiquement… Des excès sont commis, des erreurs, parfois des vengeances personnelles… Le GPRF rétablit la justice de l’Etat.

2) Mise en place de cours de justice départementales et de la Haute Cour de Justice pour juger les collaborateurs :

Ex. les responsables du régime de Vichy : Pétain, Laval, doc. 5 p. 256, les intellectuels et les dirigeants politiques soutiens et propagandiste des idées fascistes et de la collaboration (R. Brasillach, L.F. Céline…). Tous ceux-là sont beaucoup plus sévèrement jugés et punis que ceux qui ont fait de la collaboration économique.

3) Bilan des jugements, doc. 6 p ; 257 : une épuration plus clémente que dans beaucoup d’autres pays ayant été occupés.

a)100 000 condamnations pour 75 000 acquittements : 7 000 condamnations à mort dont 770 exécutions. Ex. Laval mais Pétain condamné à mort a vu sa peine commuée en détention à perpétuité par De Gaulle (prestige de la guerre de 14-18).
Il y a des condamnations aux travaux forcés, des peines de prison, des privations des droits civils et politiques…

b) Pourquoi cette indulgence ?

De Gaulle veut que s’achève l’affrontement entre deux fractions de la France pour que la nation tout entière se consacre à la reconstruction, doc. 3 p. 256 l’allocution du 25 août à Paris « hormis quelques malheureux traîtres […] tous les fils et toutes les filles de la France doivent marcher vers les buts de la France, la main dans la main ».

III) LES MEMOIRES DE LA 2NDE GUERRE CHEZ LES FRANÇAIS OU « LE PASSE QUI NE PASSE PAS » (H. ROUSSO)

A) Mémoire et Histoire : la différence et le travail des Historiens.

1) La mémoire :

C’est le souvenir totalement subjectif du passé, c'est-à-dire émotionnel, affectif et sentimental et elle en fait la représentation embellie (ou enlaidie) , mythifiée et/ou sacralisée du passé.
La mémoire étant subjective, il y a plusieurs manières de se souvenir et de représenter le passé. Ces représentations sont variables selon les individus, les groupes, les époques.
La mémoire peut être individuelle ou/et collective. Dans ce cas, elle peut être celle d’un groupe ou celle de la société ou de la nation toute entière ; elle est alors fondée sur un statut officiel : commémorations, cérémonies du souvenir, médiatisation, programmes d’enseignement… bref, elle est orientée (pas neutre).

2) L’Histoire est une science (humaine) :

Elle part du constat et de la connaissance objective des faits du passé, elle en fait une analyse réaliste et une explication vraisemblable puis elle en donne un récit problématisé et une réflexion abstraite (c'est-à-dire une organisation rigoureuse des tenants et des aboutissants qui lient les faits entre eux). L’Histoire suit une démarche scientifique : observation, recherche des explications, bilan construit et ordonné des résultats des deux étapes précédentes.
L’Histoire réalise la transformation en pensée réfléchie et abstraite de ce qui a été de l’ordre du vécu. L’Histoire rejoint l’Universel et la part de libération qu’il recèle.

3) Le rôle de l’Histoire et de l’Historien, ici :

Constater et analyser quelles ont été les diverses manières dont les Français se sont représenté la seconde guerre depuis 1945 jusqu’à aujourd’hui, et plus particulièrement la place du génocide juif et de la Résistance.

B) La représentation du génocide : de la non reconnaissance de sa singularité au devoir civique de mémoire.

1) De 1945 aux années 60 : il est inclus dans la déportation et les souffrances de l’Occupation.

=> amalgame et égalité entre tous les types de camps et motifs de déportation cf. « Nuit et brouillard » de A. Resnais et J. Cayrol et chanson de J. Ferrat <= les associations juives affirment d’abord leur appartenance à la nation française et aident à la reconstruction du pays.

2) Tournant dans la décennie 60 : le génocide devient constitutif de l’identité juive.

<= l’arrestation puis le procès et la condamnation à Jérusalem de Eichmann (responsable des questions juives du 3ème Reich) met le génocide dans le quotidien de l’actualité. Les intellectuels relaient les médias ( cf. la philosophe Hannah Arendt). Les Juifs l’intègrent dans leur culture identitaire.
A l’occasion des problèmes israélo-arabes et de la Guerre des Six Jours en 1967 les médias amplifient le phénomène. Tout cela fait que l’opinion publique le différencie et le privilégie par rapport aux autres exterminations nazies.

3) Fin des années 70 : prise systématique de parole des survivants pour témoigner et mémoire posée comme un impératif sociologique : récits dans les médias, interventions dans les écoles… et multiplication des films, livres, émissions télé…On veut, tant qu’il en est temps, recueillir leurs souvenirs avant que ces derniers témoins ne meurent.

4) Aujourd’hui, la mémoire de l’extermination est devenue un devoir civique : journée commémorative depuis 1993, 60ème anniversaire international de la libération d’Auschwitz (on n’a pas célébré le 50ème…)

C) Représentation collective de la Résistance en trois phases :

1) Jusqu’aux années 1970 : les Français, « tous des résistants » !

La résistance est glorifiée et ajoutée aux valeurs traditionnelles de la République française et présentée comme l’attitude de la majorité des Français pendant l’Occupation => commémorations officielles , monuments aux résistants, fête du 8 mai…
Responsables : De Gaulle et les Gaullistes et le PCF « le parti des fusillés » qui fondent et entretiennent leur popularité sur leur participation décisive - et réelle ! - à la résistance. Il faut aussi refaire l’unité nationale.

2) Tournant des années 70 : la majorité a été partisane de Vichy, « les Français, tous des collabos » !

Changement de contexte : les générations du baby boum sont très nombreux et n’ont pas connu la guerre, le gaullisme historique (celui du 18 juin 1940) s’essouffle et le gaullisme contemporain (celui de la présidence de la Vème république) a été contesté en1968… La mémoire juive insiste sur le génocide d’où la France de Vichy n’est pas totalement absente…
Détonateurs : un film « le chagrin et la pitié » de Max Ophuls qui montre un village français pendant l’Occupation + une histoire de Vichy par un historien américain, R. Paxton suivi de travaux français + surtout le Président de la république G. Pompidou gracie P . Touvier, chef de la milice de Lyon et demande aux Français de pardonner.
=> une double culpabilité se développe dans la population : * la majorité des Français a soutenu Pétain et par conséquent a approuvé la collaboration et même y a participé
* on n’a pas assez puni les coupables à la fin de la guerre et on a refusé la vérité sur la vraie nature du gouvernement de Vichy.
=> il faut se réveiller, d’où les procès des années 80 et 90 contre les hauts fonctionnaires de Vichy tels Papon, celle d’anciens chefs de la Gestapo tels Barbie…, les sentiments officiels de « repentance »…

3) Aujourd’hui, une représentation plus équilibrée s’élabore :

=> * la Résistance a été multiple, divisée, a connu des divergences internes : telle, elle est un fait historique avéré.
* le choix pour s’y engager était difficile aux contemporains
* le « non » des Résistants a été d’une grande dignité
La Résistance a été le fait d’une minorité. De même, la collaboration a été le fait d’une minorité. La majorité de la population a subi douloureusement la guerre et a tenté de survivre dans des conditions qui étaient extrêmement difficiles.

HISTOIRE: Décolonisation et émergence du tiers monde

Intro : évolution de la connotation de « Tiers Monde », vient de Tiers Etat, celui qui pendant la Révolution Française veut tout et prend tout volonté d’un monde nouveau, aujourd’hui largement associé à l’idée de pauvreté, le monde qui a échoué à devenir tout, qui est au contraire délaissé : cela traduit l’échec d’une idée

I- Les indépendances

A- La nouvelle donne coloniale après 45

Les 2 guerres mondiales affaiblissent les puissances coloniales et donnent des arguments aux mouvements de contestation naissants. Dès lors, faut-il maintenir l’ordre colonial, l’adapter, y renoncer ?
- 1°GM affaiblit les puissances coloniales et ternit leur image de civi supérieure. Lénine dénonce l’impérialisme colonial et le président des EU Wilson pose comme principe le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En Inde, le Parti du Congrès est fondé en 1885 et réclame désormais l’indépendance totale.Après 1°GM, figure de Ghandi qui théorise la désobéissance civile et la non-violence.
La 1°GM (comme la 2°) = apprentissage de la solidarité ouvrière, mise en contact de pop indigènes avec des théories nouvelles comme le socialisme.
Messali Hadj en Algérie fonde « L’Etoile Nord Africaine » en 1926, 1° mouvement indépendantiste imprégné de communisme. Change plusieurs fois de nom, signe qu’est souvent interdit puis reconstitué : PPA, MTLD
La plupart des élites ne préconisent pas l’indépendance. Réclament une égalité des droits. Exemple : Ferrat Abbas en Algérie : croyance dans la France idéale et républicaine qu’il oppose à la France coloniale (sera ensuite un grand déçu de la politique française et basculera dans la radicalité).

Les puissances coloniales alternent entre répression et volonté de réforme dissolution des partis, emprisonnement des leaders comme Hadj., le sultan est déposé au Maroc (Mohamed V)


- Mais des tentatives de réformes : Indian Act en 1935 accorde une certaine autonomie. 1936 un projet assez timide pour l’Algérie mais qui n’est pas adopté.


- la 2°GM remet encore davantage en cause les empires coloniaux : 3 empires = France, P.BAS, Belgique, sont vaincus. Les puissances coloniales ont perdu de leur prestige + cf infra ne dominant plus le monde. Les tentatives de réformes se font donc plus importantes : GB= le Commonwealth, grande autonomie donnée aux colonies de peuplement. Sera une porte de sortie honorable = après indépendance, adhésion au Commonwealth
France = une politique ambiguë = la Constitution de 46 inaugure l’Union Fr = égalité des droits et devoirs de l’ensemble des citoyens de l’union, mais pas une libre association. A la demande de leurs élus, c’est le moment où Guadeloupe, martinique, Réunion, Guyane deviennent départements fr (les + anciennes colonies fr), concrètement mise en place d’assemblées territoriales.
statut de l’Algérie spécial : 65 000 = droit de vote aux élections nationales / 1947, dans le cadre de la constitution, une assemblée territoriale où 2 collèges (élisent chacun 60 députés). Inégalités fortes + élections truquées = n’a jamais fonctionné., trop tard.
/ diverses autonomies / loi Deferre 56 = suffrage universel et compétences élargies pour des assemblées locales. Concerne l’Afrique noire. En fait, c’est une préparation à l’indépendance = 1960.

- En Asie, le Japon a discrédité les puissances coloniales et a réveillé (malgré lui) les nationalismes cf Ho Chi Minh

- combat des Alliés au nom de valeurs démocratiques et liberté des peuples : Charte des Nations Unies pose principe du droit de regard de la communauté internationale sur l’administration des colonies, et à terme pose la question de leur indépendance.

- 2 grands sur la scène inter, les 2 sont a priori anti-colonialistes.






B- La décolonisation

Pour présenter la décolonisation, on peut le faire selon violent/non-violent, ou encore selon les Empires coloniaux, les anglais ayant décolonisé plus tôt.et + progressivement Mais le + pratique par espace colonial = Asie puis Afrique
De nouvelles conditions créées par la guerre : le processus de décolonisation se déroule de 1945 à 1960, un peu avant un peu après : carte 4 p.139



A- L’émancipation de l’Asie

- indépendances au Moyen-Orient (colonisation + lâche) dès 45.
- indépendance de l’Inde = débat sur la partition : doc. 1 p.136. Emblématique problèmes de décolonisation = quels Etats ? Cf infra sur l’Afrique
Cf carte p. 138 1. Des déplacements de pop très importants, des massacres, Etc.
- Indochine : soutien des EU à la France car risque extension du communisme.
France ne veut rien lâcher, au contraire de la GB, sans doute car traumatisme de la défaite. Dès juillet 45, Leclerc envoyé en Asie pour reconquérir Indochine sur le Japon aux côtés des Alliés. Leclerc reconquiert d’abord le Sud = Cochinchine, mais au Nord, des positions viet minh très fortes déjà = Leclerc négocie avec le Viet Minh. Guerre de 1945 à 1954, défaite française.
Guerre des P Bas en Indonésie où Sokarno mène son pays à l’indépendance

B- L’émancipation de l’Afrique



1) Le Maghreb : Maroc et Tunisie avec des difficultés nombreuses
Dans les 2 cas, des protectorats, la France tergiverse (hésite)

Maroc = combat mené par le sultan (mohamed ben youssef qui devient mohamed V)
Tunisie = bourguiba

Après, volonté d’indépendance de l’Algérie

La Guerre d’indépendance de l’Algérie : emblématique d’une guerre coloniale

- pas d’élites locales :mouvement indépendantiste est radical,violent et prolétarien, d’où aussi proximité idéologique avec le socialisme :soutien de l’URSS, mais EU plutôt eux aussi favorables au FLN, France isolée sur la scène internationale.
- La France de son côté adopte une attitude intransigeante car pression des colons.
- Explique, après la guerre, le poids de l’armée : pouvoir militaire : Ben Bella, Boumédienne. Aujourd’hui encore, FLN parti quasi unique.
- Des mémoires douloureuses : algériens, pieds noirs, harkis. La torture

PROJECTION DE TRANSPARENTS:
- femmes françaises et algériennes : illustre jusqu’à la caricature la distance qui sépare les habitants. Cf faible nb de mariages mixtes. Maisons = europ. On a l’impression que les étrangers = les Algériennes, des étrangers chez eux. Les colons = des urbains travaillant dans le 3aire, pas forcément possesseurs de terres, classe moyenne. Ces algériennes = symboliques d’une forme de clochardisation de la société algérienne : prolétariat rural / émigration vers la ville ( à Alger dans la casbah)



- Tract sur l’arrestation des responsables FLN (diapo) : « regardez-les, ils sont en prison et ils sont menottés » (en bas : de gauche à droite : Boudiaf, Aït Ahmed, Khider, Ben Bella, 1° président en 62 où sera libéré).
Le FLN = l’organisation qui lance en nov 54 attaque contre diverses cibles, marqués par défaite fr de Dien Bien Phu en Indochine. + Maroc et Tunisie en train d’acquérir leur indépendance.
France arrête beaucoup de personnes, aucun sentiment d’une entrée en G.
Ici, pas de Messali Hadj or fondateur du MTLD ? En fait désaccord avec la lutte armée (est en résidence surveillée à Niort) : fonde le MNA, terrible lutte avec le FLN qui pratique des massacres (300 morts dans le massacre d’un village = Mélouza en 57).

- branche armée = ALN intérêt = montre que l’ALN est à la fois une vraie armée et un maquis : ici en 62, une véritable armée,se note par exemple dans l’uniforme homogène. en 54 = des maquisards. Maroc et Tunisie = des bases arrières importantes. Armement grâce au soutien de certains pays = Yougo/ Bulgarie/Tchéco. + population = levée, au besoin par la force, d’une « cotisation révolutionnaire » Poste de commandement = visiblement une maison forestière mais se déplace souvent. Algérie divisée en 6 wilayas
- les « appelés » : -décrire le lieu : il peut s’agir de n’importe quel bâtiment désaffecté, maison forestière
3 catégories d’objets = milit, utilitaires, personnels. Atmosphère d’ennui. Les appelés = souvent des tâches quotidiennes + le « ratissage »= encercler un territoire et l’explorer méthodiquement pour y débusquer l’ennemi


Env 1,7 millions de jeunes sont allés faire la guerre en Algérie = marque toute une génération. Dans le cadre du service militaire + les « rappelés » = prolongation de 6 mois du service. (pas de mobilisation générale). Certains jusqu’à 36 mois en Algérie. L’unité militaire de base = la section = maxi 30 personnes.

- militaires en opération : majeure partie des affrontements a lieu à campagne. Hélicoptères pour être + mobiles et intervenir dans des reliefs difficiles/ petite unité = répondre aux actions de guérillas = déposer un commando au cœur du dispositif ennemi. Cf aussi tenue de camouflage. 1 soldat qui porte une radio = en lien avec d’autres unités
Dans la Guerre d’Algérie et dans les guerres coloniales en général, peu d’affrontements massifs.


- transparent « plan de Constantine » = plan voulu par De Gaulle en oct 58 et qui reprend l’idée qu’il faut le dév éco et soc pour maintenir l’Algérie FR (erreur profonde des dirigeants fr de l’époque = croire que le dév permettrait de faire oublier les questions d’identité, la misère est le terreau du nationalisme, en fait le nationalisme est beaucoup plus ancré qu’ils ne le croient dans la pop algérienne)

- douar rasé par l’armée fr : déplacement autoritaire de populations pour couper les pop des maquis du FLN : maisons détruites pour qu’elles ne puissent plus servir.. A la fin du conflit, près d’un quart des algériens sont dans un village de regroupement



- Barricades à Alger, 1960 : la pression des fr d’Algérie. C’est après une journée comme celle-là qu’a été appelé au pouvoir le général DG en mai 58. Mais DG a évolué sur la question = en septembre 1959, a évoqué l’autodétermination comme moyen de sortir de la crise (+ Massu rappelé à Paris car( prise de distance avec la politique gvmt)
Comment décrire le décor ? éléments constitutifs d’une ville européenne : la grande avenue, archi, lampadaires, arbres taillés, magasin Rodrigue) + la tradition mét(ropolitaine de l’érection de barricades, on a enlevé les pavés de la rue.
Parmi la foule, 2 types de personnes = bérets noirs = les unités territoriales, des unités pour assurer l’auto défense des quartiers europ. 1° soir = 20 morts.
En 61, un putsch des généraux pour garder l’Algérie fr mais qui échoue.

- manifestation du 17 octobre 1961 à Paris : la Guerre d’Algérie a des excroissances en France, force du FLN chez les algériens de France. Soir du 17 oct = 20 000 manifestants contre le couvre feu qui leur est imposé. Une répression démesurée, cf 11 000 arrestations = ici les personnes arrêtés sont menées dans un stade parisien (3). Etat d’esprit de la police travaillée par l’extrême droite qui profite de l’exaspération des policiers face aux attentats dont sont victimes de la part de groupes du FLN, raison du couvre feu. Préfet M. Papon. Manif manière de braver ses ordres. Exaspération aussi des algériens en France notamment de l’Est parisien = du bidonville de Nanterre, dénoncent une chasse à l’Arabe , contrôles, …etc. NB = nb de gens d’origine algérienne retrouvés tués avant le 17 oct = nbx car attentats du FLN contre des « messalistes » + bavures policières du contre terrorisme ?
. Des dizaines de morts, parfois jetés à la Seine



- Transparent : la foule fêtant l’indépendance : dès 59, DG convaincu qu’il faut aller vers indépendance mais négo achoppent sur la question du Sahara que les fr veulent garder cf ressources : un référendum est organisé en France en 1961 = principe de l’autodétermination accepté, négo à Evian en mars 62, , référendum le 1° juillet 62 en Algérie, 99,7% de oui. Une photo qui nous montre un homme (majo d’hommes) portant une petite fille = l’avenir, dans un quartier européen = poste. Drapeau algérien apparu en 45 à Sétif= un jeune scout musulman le porte = tué, ce qui déclenche les affrontements. Vert + étoile + croissant = Islam, blanc = pureté, rouge symbo de la lutte, le sang des martyrs.

- un magasin musulman détruit par l’OAS : début 62 dramatique = attentats de l’OAS en métropole comme en Algérie, contre 2 types de personnes = les pieds noirs qui quittent l’Algérie, accusés d’abandonner le combat + politique de « terre brûlée » = rendre l’Algérie dans l’état de 1830,

- image des rapatriés = un organisme chargé d’aiguiller ces personnes dans ce qui sera leur nouvelle vie dans une métropole qu’ils ne connaissent pas. Mais quittent massivement l’Algérie (« la valise ou le cercueil »). Pieds Noirs = bottes des conquérants fr en 1830 ? Pieds des vignerons foulant le vin ?

2) L’Afrique Noire : le pb des frontières : doc 4 p.57

Globalement, la déco est pacifique. Cf en France la loi Deferre 56 = 1° pas d’une transition vers l’indépendance. En 58 DG accélère les choses avec la création de la Communauté française = chaque territoire doit se prononcer sur son adhésion ou pas, seule la guinée refuse et accède tout de suite à l’indépendance. Des violences cependant à Madagascar Mais :
- des violences not dans les colonies GB d’Afr de l’Est et du Sud où les colons blancs ne veulent pas perdre leurs privilèges. Kenya car une tribu veut récupérer ses terres.. L’indépendance n’est donc pas toujours syno de souveraineté pour les noirs cf rhodésie du sud = les colons gouvernent (indépendance en 65, puis égalité noirs blancs en 80, avec une dictature noire = mugabé, à la tête de l’état rebaptisé zimbabwé). Modèle de l’afrique du sud
On peut aussi parler de décolonisation au sens de fin de l’ordre colonial en afrique du sud à partir de 90 = libération de mandela, qui devient président en 94 ( + jusqu’en 90, l’afrique du sud contrôlait la namibie qui devient alors indép)
- Au Congo, retrait des belges dans la précipitation en 1960 (laz Belgique y menait une politique paternaliste, + beaucoup d’enjeux en termes de ressources: guerre civile. Lumumba, idéologie panafr et socialisante, assassiné. Mobutu en 65. Des violences inter ethniques
- Colonies portugaises n’accèdent à l’indépendance qu’en 1975, = plusieurs années de violences mais la dictature portugaise s’accroche, cette dictature est renversée pour cette raison par l’armée en 75.
-
- Léopold Sédar SENGHOR, écrivain sénégalais, chantre de la négritude qui cherche à redonner aux
- Noirs la fierté d’eux-mêmes : « Le Bon Nègre est mort ; les paternalistes doivent en faire leur
- deuil ». Senghor retourne contre les Français les valeurs d’égalité et de liberté, dénonce le
- racisme colonial et réclame des actes plutôt que de « bonnes paroles ».
Bilan : La décolonisation s’est donc opérée en vagues successives :
– la 1re entre 45 et 55 touche essentiellement l’Asie et notamment l’empire des Indes, (asie en 1° car japon a développé une forte propagande contre les colonisateurs)
– la 2nde entre 55 et 70 touche la plupart des pays africains,
– enfin, reste une dernière vague de décolonisations tardives concernant des territoires de l’Afrique
australe, la Papouasie, le Surinam…

L’éclatement de l’URSS peut être vue elle aussi comme un moment de décolonisation, puisqu'on a pu qualifier l'URSS de « prison des peuples »
Avec la démission de Gorbatchev, président de l’URSS, le 25 décembre 1991 disparaît l’URSS. Des
décombres de l’empire soviétique naissent de nombreux Etats en Europe orientale : Pays
Baltes, Ukraine, Biélorussie, Moldavie ; dans le Caucase : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie ; et en
Asie centrale : Kazakhstan, Ouzbékistan… A bien des égards, il s’agit là de la dernière vague de
décolonisation, passée inaperçue face à l’enjeu géopolitique considérable que constituait la disparition
de l’URSS. C’est en bonne partie de l’incapacité à gérer ses nationalités qu’est morte l’URSS.

La composition : exemple de sujet
« Emancipation des peuples colonisés, 1945-années 1960 ».

Exemple de sujet " L'émancipation des peuples dépendants depuis 1945 ". Le candidat présente les grandes phases chronologiques en s'appuyant, tant pour l'Asie que pour l'Afrique, sur des exemples significatifs de son choix. -Comment aborder le sujet -La problématique -Construction du plan

Comment aborder le sujet ?

La décolonisation a marqué l'histoire du monde contemporain des années 1940 aux années 1970, c'est un fait bien connu. L'intérêt d'une dissertation d'histoire, ce n'est pas d'aligner des événements, mais d'expliquer pourquoi ces événements ont eu lieu et comment ils se sont déroulées. Dans le cadre de ce sujet sur l'émancipation des peuples dépendants, il ne faut donc pas se contenter de raconter que l'Inde est devenue indépendante en 1947 et l'Algérie en 1962, etc. Il faut revenir aux causes du phénomène et à la manière dont il s'est déroulé. C'est la formulation de ces questions qu'on appelle problématique, et qui doit figurer en introduction, juste après avoir repris le sujet et avoir justifié les limites chronologiques.

La problématique :

La problématique, c'est donc un ensemble de questions (2 ou 3) qui se posent quand on aborde un sujet. Pour trouver une problématique, il n'existe pas de " recette miracle ", il suffit d'examiner attentivement les termes du sujet : ici, le terme qui fait problème (précisément), c'est la notion d'émancipation. Le mot " émancipation " décrit un processus : le passage d'un état de dépendance à un état d'autonomie, voire d'indépendance. Mais ce processus peut prendre des formes extrêmement diverses, d'où un début de problématique : tous les peuples se sont-ils affranchis de la tutelle coloniale de la même façon ? La réponse est non, ce qui doit amener le candidat à se demander pourquoi. D'où la suite de la problématique : comment expliquer que la décolonisation ait pris des formes différentes, tantôt pacifiques, tantôt guerrières ? C'est là qu'il faut se rappeler que la décolonisation concerne toujours deux acteurs : d'un côté les empires coloniaux et de l'autre les peuples indigènes. Pour comprendre les formes prises par l'émancipation, il faut donc s'interroger sur le rôle respectif de ces deux acteurs (la politique menée par les Etats coloniaux et puis les forces en présence - pacifiques ou terroristes - à l'intérieur des colonies).

Cela dit, on peut aller plus loin, toujours en partant des termes de l'énoncé : l'énoncé dit " émancipation des peuples dépendants ", il ne dit pas décolonisation. Il faut donc se demander quelle est la différence entre les deux termes. Un sujet sur la décolonisation s'arrêterait à la création des nouveaux Etats indépendants. Ce sujet dépasse ce cadre strictement institutionnel : il conduit à se demander si la décolonisation s'est automatiquement accompagné d'une émancipation des peuples, c'est-à-dire d'une conquête des libertés.

En somme, pour résumer, un sujet d'histoire de ce type (c'est-à-dire qui traite d'un phénomène historique assez large qui s'étend sur une assez longue durée) doit s'aborder en deux temps : d'abord il faut se demander comment ce processus se manifeste (émancipation, certes, mais quel type d'émancipation).. Construction du plan :

En histoire, pour un sujet du type " de 1945 à nos jours ", il faut choisir un plan chronologique en deux ou trois parties en commençant, cela doit être un réflexe, par s'interroger sur les limites chronologiques proposées. En histoire, les dates ont un sens, certaines sont des dates charnières. C'est le cas de 1945 pour ce sujet. Il convient donc d'expliquer pourquoi 1945 est un tournant dans l'histoire des empires coloniaux.

C'est pourquoi on peut consacrer une première partie aux causes de la décolonisation, en se demandant pourquoi cette décolonisation a eu lieu.

A cette première partie " pourquoi " peut succéder une deuxième partie " comment ", consacrée aux différentes étapes, en insistant sur deux phénomènes : 1/ le décalage dans le temps entre l'émancipation des peuples asiatiques et celle des peuples africains (là-encore, sans oublier de se demander pourquoi les uns ont été plus précoces que les autres), et 2/ les différentes formes prises par l'émancipation

Dans un troisième temps, une fois les indépendances obtenues, on pourrait s'interroger sur le devenir des peuples dépendants. Une fois la décolonisation obtenue, que s'est-il passé ? C'est là qu'est le petit piège du sujet : l'énoncé parle d'émancipation et non de décolonisation. Dans l'idée d'émancipation, il y a, de façon sous-jacente, l'idée de liberté. D'où peut-être une question, qui doit guider cette partie : la décolonisation s'est-elle accompagnée d'une véritable émancipation ? On peut montrer ici que la décolonisation s'est souvent traduite par la mise en place de régimes autoritaires dans les nouveaux Etats, et qu'après l'émancipation face aux empires coloniaux, les " peuples dépendants " sont engagés dans une nouvelle forme de lutte émancipatrice : le difficile combat pour les libertés, pour la démocratie et pour les droits de l'homme..



Sujet approchant = « L’émancipation des colonies : origines, modalités, nouveaux défis » : le plan est donné.

Acteurs et modalités de la décolonisation en Afrique et en Asie

France et GB face à la décolonisation







II- Le Tiers Monde :espoirs et échecs

Mot aujourd’hui plutôt péjoratif, et qui ne s’emploie plus beaucoup car sens de 3° monde, sous entendu en dehors des 2 1° = bloc soviétique / bloc occidental. Ce terme montre la volonté des pays décolonisés de s’affirmer sur la scène internationale et en revendiquant une économie organisée différemment Expression inventée dans les années 50 par un économiste français en référence au « Tiers Etat » qui conduit la Révolution de 1789 (cf Siéyes : Qu’est-ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose
.Donc question = ces objectifs sont-ils atteints
Mais le fait qu’aujourd’hui ce terme soit péjoratif et renvoie surtout à la pauvreté montre que ces espoirs ont été déçus, pas de constitution d’un monde homogène, indépendant des blocs et capable d’imposer une nouvelle donne économique

A- Bandoung et le mouvement des « non-alignés »

Les nouveaux Etats ont des difficultés qu’on a déjà décrites, notamment sur la question des frontières (Cachemire). Globalement, très peu parviennent à instaurer des démocraties, cf tentatives dans l’ex Congo belge ; Lumumba. La violence s’institutionnalise, notamment en Afrique (conflits ethniques au Biafra, religieux au Soudan
Des difficultés qui favorisent aussi une volonté de s’unir
- conférence de Bandoung = doc. 4 p. 151 : quels sont les participants = Etats issus de la déco essentiellement. Cf Etats associés = en fait des délégations des mouvements indépendantistes.
Pour reprendre la métaphore révolutionnaire, c’est un peu la « Convention » des décolonisés, affirmation d’une solidarité des pays nouvellement indépendants et soutien aux pays en voie d’être décolonisés. Tiers mondisme
A ne pas confondre avec le mouvement qui nait ensuite même s’il est dans le sillage de ce mouvement = le non-alignement, ie indépendance vis à vis des blocs.

- Nasser, champion du « Tiers-Monde » : leader de l’Egypte depuis 1954 ( coup d’Etat militaire, NB Egypte indépendante depuis 1936 officiellement mais souveraineté limitée et pas sur la zone autour du canal de Suez) doc 6 p.155 : 1°§ : le canal de Suez (relie Mer Rouge à mer Noire, construit sous l’autorité de F de Lesseps, français, et comportant de nombreux capitaux anglais (illustration du mode de domination éco du colonialisme = Eg officiellement pas une colonie GB ni Fr à l’époque de la construction puis de l’exploitation de ce canal). : ici, qu’annonce Nasser ? Volonté de nationalisation. Comment le justifie = ce sont des égyptiens qui l’ont construit. Face à cela, les GB + Fr + Israël (directement menacé par le régime de Nasser qui est un général qui a gagné ses galons dans les guerres contre Israël et s’oppose à son existence) : lancent l’ »expédition de Suez » qui est un fiasco car condamnée par URSS qui menace d’utiliser sa bombe A, et par les EU alors que pensaient avoir leur soutien. Expé qui révèle encore une fois la faiblesse des anciennes puissances coloniales.
- 1956 est un événement symbolique dans la mesure où un Etat anciennement colonisé par les
- Britanniques, l’Egypte de Nasser réussit à imposer sa décision de nationaliser le canal de Suez en
- profitant du nouvel état des relations internationales. Pour réaliser la modernisation de l’Egypte,
- Nasser avait besoin de capitaux et pensait les prélever sur le canal qu’il estimait être le bien des
- Egyptiens qui avaient payé le prix du sang pour sa réalisation. Bien que vaincu militairement, la
- menace de recourir à l’arme atomique contre la France et le Royaume-Uni de l’URSS transforme
- cet échec en victoire diplomatique. Elle symbolise l’émergence d’un nouvel acteur sur la scène
- internationale : les pays du Tiers - Monde.
- Par cet événement, Nasser devient un leader du monde décolonisé et en particulier du monde arabe = panarabisme., légende de Nasser cf la tentative d’attentat dont on peut douter de la véracité.
- En 56, il rencontre Tito, chef de l’Etat yougoslave qui a rompu avec l’URSS, et Nehru, président de l’Union Indienne, les 3 définissent une politique du non-alignement = rejet des blocs, solidarité internationale, souveraineté sur les ressources nationales. Conférence de Belgrade en 61.



B- Difficultés du non-alignement, Dépendance économique et néo-colonialisme (voir fin du cours d’histoire = le nouvel ordre mondial)
- le non alignement est très vite confronté à ses contradictions = difficulté de ne pas s’aligner dans un monde dominé par la guerre froide. Certains acceptent l’influence de l’URSS. Exemple de Cuba = discours ambigu de Fidel Castro qui se veut non-aligné mais pour qui l’URSS est le leader « naturel » des pays du Tiers Monde.
- Les organisations régionales créées ont un rôle modeste : l’OUA, l’ASEAN, Ligue arabe . Surtout ces organisations sont confrontées à des divisions internes : exemple = les pays arabes sont pris entre le panarabisme et lles aspirations religieuses = la Conférence islamique. 2 orga
- Problèmes éco maintenus = dépendance, dans le cadre de la DIT.
- Mais émergence de certains pays comme les pays asiatiques dès les années 70
- . En 1964, conférence des NU pour le commerce et le dév (CNUCED), 77 pays en 67 dans la Charte d’Alger, réclament un « nouvel ordre économique mondial » : modifier les termes de l’échange = inégalité car les pays du TM exportent des produits à faible valeur ajoutée + contrôle des mat 1° par les Etats du nord . Seuls les pays de l’OPEP y parviennent véritablement.
- Dans les années 60, dév d’une mystique révolutionnaire tiers mondiste, autour de la figure de Che Guévara, dénonce impérialisme pol et éco et tente d’allumer des foyers de guérilla (Congo, Bolivie).doc 6p. 161 ; Echec en grande partie de la voie révolutionnaire.
- Les pays du Tiers monde sont souvent des dictatures et connaissent des malheurs nbx.

Sujets de composition Le Tiers Monde dans les relations internationales depuis 1955 = sujet qui demande des connaissances vues ensuite. Mais on peut s’arrêter aux années 70 car après on ne parle plus de Tiers Monde

Doc. 5 p. 165 : P. Bruckner.


Un essai d’organisation
L’apparition du Tiers-Monde sur la scène internationale peut être datée très précisément à
1955 : les guerres de Corée et d’Indochine viennent de prendre fin. C’est d’Asie que vient « le vent
nouveau ».
_ A Bandung, en Indonésie, 29 pays d’Afrique et surtout d’Asie tiennent une conférence en
avril 1955. Quelques grands ténors du Tiers-Monde s’affirment : Nehru pour l’Inde, Soekarno pour
l’Indonésie, Nasser pour l’Egypte et Zhou Enlaï pour la Chine. Même si une précédente conférence
s’était tenue à New Delhi en 1947, c’est Bandung qui marque l’acte de naissance politique des
« peuples de couleur ».
Bandung est l’ancienne capitale de l’Indonésie devenue indépendante en 1949. La conférence est
l’incarnation de l’afro-asiatisme, courant qui met en avant la communauté de destin et d’intérêt des
pays asiatiques et africains. Sont présents à cette conférence seulement 29 Etats afro-asiatiques
parmi lesquels l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, la Chine populaire, le Nord Vietnam, la Libye et
l’Egypte ; ce faible nombre s’explique aisément car si la décolonisation de l’Asie est largement
entamée, ce n’est pas le cas en Afrique. Tout autant que les présents, comptent les absents : les
Etats-Unis, l’URSS et les Etats européens. Dans un contexte de guerre froide, atténuée par la «
coexistence pacifique », les pays du Tiers Monde réunis à Bandung cherchent confusément une
« troisième voie ».
Les pays présents à cette conférence réclament unanimement la fin du colonialisme, en effet l’Afrique
est toujours sous la sujétion coloniale, au nom des droits de l’homme et de la Charte des
Nations Unies c’est-à-dire pour l’essentiel du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Ils
rejettent le racisme, l’ingérence des puissances extérieures qu’elles soient européennes ou des
deux supergrands, Etats-Unis et URSS ; ils mettent en avant un certain neutralisme.
A court terme, Bandung eut un écho considérable. Il joua un rôle d’amplificateur aux revendications
d’émancipation ; il contribua à mobiliser ces nouvelles nations pour investir l’ONU, l’orienter et
s’en servir comme tribune. Le mouvement des non-alignés découle assez directement de Bandung.
Néanmoins, quant au fond, sur le respect du droit international, sur la coopération économique,
il eut un impact bien faible.
_ Un coup d’éclat Suez 56.
Suez, en 1956 succède aux discours de Bandung. Nous ne reviendrons pas sur le détail des faits et
son impact géopolitique à échelle mondiale qui relève plus des relations internationales. Depuis deux
ans, Nasser a pris le pouvoir en Egypte ; par son charisme, il s’impose comme le leader de
la Ligue Arabe et s’illustre à Bandung. Pour financer un vaste programme de modernisation
et de développement, il nationalise le canal de Suez, possession franco-britannique. C’est
l’occasion de chasser les deux puissances coloniales et de restaurer le nationalisme égyptien comme
le panarabisme. On le sait, les Français et Britanniques accompagnés des Israéliens entreprennent une
action militaire pour recouvrer le canal et ces 3 pays, bien que vainqueurs militairement doivent partir
faute du soutien américain et face à la menace nucléaire soviétique. Suez redonne aux Arabes leur
fierté et affaiblit les deux grandes puissances coloniales d’alors. En jouant les allées et venues entre
supergrands, les pays du Tiers-Monde, ici l’Egypte, prennent conscience qu’ils peuvent sinon influer du
moins conquérir leur autonomie dans les relations internationales .
_ La création de l’OPEP en 1960 ressemble à bien des égards au « coup de Suez ». Elle participe
du même postulat tiers-mondiste, recevable en partie seulement, selon lequel c’est la colonisation
ou son avatar le colonialisme qui explique et génère le sous-développement et les difficultés
économiques des pays du Tiers-Monde.
En août 1960, les grandes compagnies pétrolières, anglo-américaines, décident de baisser le prix du
pétrole. Ne profitant pas de la rente pétrolière, des Etats producteurs décident de créer en septembre
1960 l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) : Venezuela, Irak, Iran, Koweït,
Qatar, Arabie Saoudite puis Algérie, Libye, Nigeria. L’OPEP a un double objectif : augmenter les
royalties pour les pays producteurs et nationaliser la production ainsi de l’Irak en 1972.
Par l’arme économique, certains pays du Tiers-Monde peuvent se faire entendre mais ce n’est là
qu’une minorité et une action isolée.

_ Le Tiers-Monde : acteur ou plutôt enjeu
des relations internationales ?
_ Bandung initie une troisième voie diplomatique, le neutralisme à l’égard des 2 grands. De
cette impulsion naquit le « mouvement des non-alignés », tentative pour peser sur les Relations
Internationales sans en être l’objet. Le moins que l’on puisse en dire, c’est que ce fut là un échec.
Voyons en quoi.
Dès 1956, Tito (pour la Yougoslavie), Nasser et Nehru se réunissent pour relancer les principes du
neutralisme entrevus à Bandung. C’est à Belgrade en 1961 que naît officiellement le mouvement
des non-alignés. 25 pays sont présents à cette conférence. Sont réaffirmés de grands principes
comme le rejet des deux blocs, soviétique et américain, du colonialisme ou plutôt du « néocolonialisme
». On prévoit ensuite une périodicité de 3 ans pour les sommets des non-alignés : 1964
au Caire, 1970 à Lusaka, 1973 à Alger.
Malgré ces beaux principes, le « mouvement des non-alignés » est l’exemple d’une illusion, en
effet nombre de ces Etats membres ou fondateurs sont de facto dans la sphère communiste
sinon soviétique : la Chine Populaire, la Yougoslavie en dissidence avec la mère patrie, et
plus clairement Cuba ! Le mouvement des non-alignés est nettement anti-américain, son neutralisme
n’est que de façade. Pire, il est rongé de l’intérieur, car ses Etats - membres se disputent parfois les
mêmes territoires.
_ Son échec politique est criant, néanmoins comme à Alger en 1973, c’est une tribune qui soulève
des problèmes de fond, comme celui de l’ordre économique mondial.
Les pays du Tiers-Monde sont aussi appelés à l’époque « pays sous-développés » ; cette dénomination
toujours « européocentriste » sinon « occidentalo-centrée » traduit néanmoins une réalité
économique indéniable : le fossé entre pays développés et pays en voie de développement
ne cesse pas de se renforcer, déjà dans un rapport de 1 à 60 en 1964 au sujet de la richesse
(proportion de l’écart entre le pays le plus riche et le pays le plus pauvre). Fort accroissement démographique,
exportations quasi exclusives de matières premières restent des caractéristiques communes aux
pays du Tiers-Monde, or aucun décollage économique n’est repérable à l’horizon. Ces pays prennent
conscience de la priorité des questions économiques et notamment de la dégradation des termes de
l’échange (rapports entre la valeur des exportations – matières premières – et la valeur des
importations – produits industriels –) : l’inflation renchérit les produits importés alors que le cours
des matières premières exportées baisse.
Face à cet échange inégal, le Tiers-Monde s’organise pour peser sur l’organisation du commerce
international. Ce sera l’objet des CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce
et le Développement), dont la première se tint en 1964 à Genève. 120 pays sont représentés dont
77 pays en voie de développement. Assez rapidement, la conférence s’enlise : la France propose une
fixation des prix et la création d’un fonds d’aide au développement, à l’inverse les Anglais et Américains
refusent toute remise en cause du libéralisme économique. Pour dépasser cet échec, les 77 s’unissent et
portent leurs réclamations dans une conférence à Alger en 1967 : « la gravité du problème requiert
d’urgence l’adoption d’une stratégie globale du développement ». Rien de bien concret ! Les
CNUCED s’institutionnalisent comme organisme permanent de l’ONU ; la seconde se tient à New Delhi
en 1968, la 3e au Chili en 1972. Rien de décisif n’en ressort.
D’où l’exigence formulée à Alger lors du sommet des « non-alignés » en 1973 de mettre en place
un « nouvel ordre économique international », le NOEI. Cette demande est relayée par une déclaration
de l’assemblée générale de l’ONU en mai 1974 qui rappelle le nécessité de « rapports justes et
équitables entre les prix des matières premières, des produits primaires… exportés par les pays en voie
de développement et les prix… des biens… et matériel importés par eux ».
Ces paroles resteront lettre-morte ; la crise vient d’éclater en 1973 et ruine les espérances des
PVD (Pays en voie de développement).
_ L’échec des Pays du Tiers-Monde à peser sur les relations économiques internationales, flagrant
dès le milieu des années 1960 a suscité localement l’éclosion de mouvements révolutionnaires,
notamment en Amérique Latine. Ernesto « CHE GUEVARA » en est le héros, lui qui voulait semer la
guérilla contre les « forces impérialistes » en Afrique, en Bolivie … Sa figure christique, de révolutionnaire
romantique, a entretenu l’illusion d’une solution par la révolution aux problèmes du Tiers-Monde.
La mort du Che en 1967 signe le glas des espérances révolutionnaires.

D La fin du Tiers-Monde et l’émergence des « Suds »
_ Une unité factice, des intérêts différents
_ Les problèmes économiques ont pris le dessus sur les aspects politiques. L’année 1973 est
sur ce point l’année cruciale, elle révèle crûment les intérêts antagonistes au sein même des pays du
Tiers-Monde. L’OPEP, essentiellement les pays arabes producteurs de pétrole, décide les 16 et
17 novembre 1973, en pleine guerre israélo-arabe d’augmenter le prix du baril de pétrole
par quatre. C’est le détonateur de la crise. Les pays développés sont gravement touchés : forte
inflation, explosion du chômage. L’utilisation de l’armé économique pour faire pression sur les Etats-
Unis a fonctionné. Or, on oublie un peu vite que les pays du Tiers-Monde ont également et pour
certains plus durement subi la crise économique.
Le choc pétrolier enrichit les Etats pétroliers du Moyen et Proche-Orient, pays faiblement peuplé pour
certains, ainsi l’Arabie Saoudite augmente sa richesse de 2 fois et demie dans l’année qui suit le choc.
Mais tous les pays du Tiers-Monde ne sont pas exportateurs de pétrole, nombre d’entre eux sont
aussi dépendants des importations énergétiques. La facture pétrolière s’avère trop lourde, les pays
du Tiers-monde s’enfoncent dans la crise et commence le cycle infernal de la dette. Quelques pays,
comme le Nigeria, disposent bien de gisements pétroliers mais ils ne réussissent guère à profiter de la
manne pétrolière, privilégiant plutôt des dépenses improductives quand ce n’est pas la corruption
qui engloutit les revenus pétroliers.
La crise économique fait voler en éclat l’idée de solidarité entre pays du Tiers-Monde. La
notion même de Tiers-Monde perd toute signification. Les pays en développement – mieux
vaut ainsi les dénommer – sont laissés à eux mêmes ; en témoigne le relatif échec du sommet
de Cancun (Mexique) en octobre 1981 où étaient promises des négociations entre pays
développés et pays en développement.
_ On pourrait trouver un seul contre-exemple à la césure économique NORD-SUD qui commence à se
durcir : les accords CEE-ACP. En 1975, par les accords de LOME I, la Communauté Européenne
signe un accord de commerce privilégié avec 35 pays ACP (= Afrique, Caraïbes, Pacifique). Ces
accords sont renouvelés en 1979 : Lomé II, étendus à 58 pays ; ils prévoient des aides financières,
un accès facilité au marché européen et un certaine stabilisation des prix des produits
exportés vers l’Europe, essentiellement des matières premières agricoles. Ils continuent de nos jours,
renouvelés en 2000, et concernent 71 Etats ACP.
_ Si, à échelle mondiale, l’idée de Tiers-Monde perd toute efficacité et signification, n’en demeurent
pas moins des tentatives d’organisation locale, parfois antérieure à 1973. En Afrique, l’OUA
(Organisation de l’Unité Africaine) dont le but était de veiller à la paix et au respect des frontières
avait fait preuve de son échec aussi d’autres organisations africaines ont vu le jour : l’OCAMM
(Organisation commune africaine, malgache et mauricienne) francophone et sa rivale, le Groupe de
Casablanca (réunissant des pays islamiques : Maroc, Ghana, Guinée, Mali…). En Asie, on assiste à
l’apparition en 1967 de l’ASEAN (Association des Nations d’Asie du Sud-Est) afin d’organiser l’essor
économique de cette région.
_ Des « Suds » : les obstacles communs
du mal développement
Au-delà des divergences d’intérêts économique et politique qui nous interdisent d’utiliser désormais
le vocable « tiers-monde », il existe néanmoins des critères communs et bien qu’ils ne se retrouvent
pas dans tous les pays en développement, fréquents, ils caractérisent les pays du Sud.
_ Ces obstacles sont d’abord politiques :
Les PED ont pour la plupart hérité de la notion d’Etat, forgée par les anciens colonisateurs, ainsi que
de frontières. Or très souvent, ces frontières sont artificielles en ce sens qu’elles ne correspondent
à aucune réalité ethnique ou économique. Nombre de PED sont multiethniques. Ces pays, surtout
en Afrique, avec l’OUA, pour s’affirmer ont rappelé l’intangibilité des frontières. Certaines ethnies
minoritaires ont souhaité accéder à l’indépendance, il en a résulté nombre de conflits dont le plus
© Cned – Académie en ligne
Séquence 11-HG00 627
célèbre est celui du Biafra, région des Ibos chrétiens à l’Est du Nigeria – pays à dominante musulmane
– qui proclama son indépendance en mai 1967. Les autorités nigérianes déclenchèrent une guerre
qui dura 3 ans et permit d’écraser le mouvement sécessionniste. A l’inverse, l’Erythrée a acquis son
indépendance après une guerre de 30 ans contre l’Ethiopie en 1993 ainsi que le Timor oriental en
2002, après que l’ONU y a envoyé une force militaire pour empêcher toute reconquête indonésienne.
Des conflits persistent : au Cachemire, revendiqué par l’Inde et le Pakistan, au Sri Lanka où
les Tamouls luttent toujours pour faire sécession.
Les troubles ne se développent pas seulement sur des querelles de frontières. On a vu se multiplier les
guerres civiles pour des motifs très divers. En Afrique, c’est autour de l’ethnicisme c’est-à-dire la volonté
de domination exclusive d’une ethnie, d’un groupe de population sur les autres composantes
nationales. Le cas type s’est produit au Rwanda en 1994 quand d’avril à juin, les Hutus ont
massacré près de 500 000 Tutsis. Sans encore atteindre la proportion du génocide rwandais, le cas
du Congo-Zaïre ou Congo-Kinshasa s’en rapproche, pays dans lequel les troubles persistent, où les
affrontements inter-ethniques sont monnaie courante. Le Soudan est un autre exemple de ces guerres
ethniques : le sud chrétien et animiste a subi une véritable politique d’extermination par la faim menée
par le nord musulman avant qu’un droit à l’autodétermination n’intervienne en 2002. Dans les pays
islamiques, c’est la menace islamiste qui se précise depuis 25 ans. On pourra définir l’islamisme
comme un projet politique totalitaire de fondamentalistes religieux musulmans dans lequel la
Charia – Loi Islamique – gère toute la vie quotidienne. L’islamisme en Algérie a conduit depuis
1992 à une véritable mise à sac du pays, ravagé par le terrorisme.
De fait, alors qu’au Nord on assiste depuis la chute de l’Union Soviétique à un certain – et relatif
– désarmement ; au Sud, c’est l’inverse qui se produit avec une course aux armements, à l’arme
atomique, obtenue en Inde (1974), en Afrique du Sud(1979), au Pakistan (1998), en cours en
Iran et en Corée du Nord.
La violence politique se trouve souvent à la tête de l’Etat. Depuis la décolonisation, les coups d’Etat
sont nombreux, surtout en Afrique. Prenons l’exemple du Congo-Kinshasa. Depuis la prise de pouvoir
de Mobutu en 1965, la dictature continue. Ce militaire a été chassé en 1997 par Laurent Désiré Kabila,
chef des rebelles ; ce dernier disparaît en 2001 dans un attentat… Trop souvent, le pouvoir politique
dans les PED est confisqué par les militaires, un groupe ethnique ou un parti : Parti Baas en Irak
jusqu’en 2003, Parti Communiste en Chine ou au Vietnam, en Corée du Nord… Ce constat négatif doit
cependant être nuancé. La démocratisation a spectaculairement progressé en Amérique Latine
dans les années 80, démocratie établie en 1983 en Argentine, en 1985 au Brésil (à l’exception de
Cuba) et en Afrique australe dans les années 90 (à l’exception du Zimbabwe).
_ Ces obstacles sont également de nature socio-économique :
Les PED doivent faire face à deux grands défis :
– l’endettement, évalué à 2000 milliards de $ en 1995 qui asphyxie les économies africaines ou
asiatiques. Les remises de dettes partielles accordées (G7 de Lyon en 2000) n’effacent pas le
problème. Les PED tentent de s’organiser pour exiger l’ouverture des marchés des pays du
Nord comme le G21 (groupe de 21 pays en développement) qui ont réussi à faire échouer les négociations
de l’OMC à Cancun sur les produits agricoles en 2003 par leur opposition.
– l’explosion démographique . Le Sud c’est 1/4 des richesses mondiales pour 3/4 de la population
mondiale. Il y a là un déséquilibre caricatural qui explique l’accroissement des migrations
Sud-Nord. L’effort de scolarisation est énorme à accomplir pour une population très jeune ;
et quand la population se qualifie, très souvent elle migre vers des postes mieux rémunérés dans les
pays du Nord.
Il existe enfin des obstacles communs avec les pays développés mais particulièrement aigus
dans les PED :
La crise urbaine. Les villes des PED, en tout cas les capitales, et en de plus rares cas des métropoles
régionales, sont devenues géantes comme Le Caire, Lagos, Mexico, Sao Paulo, Bombay… Ces villes
expriment tous les contrastes sociaux des PED : quartiers modernes financiers ou résidentiels
aisés s’opposant à d’infinis bidonvilles, précaires et illégaux.
Les atteintes à l’environnement sont spectaculaires et notamment la destruction des forets
primaires au Gabon, en Indonésie et surtout en Amazonie.
On n’oubliera pas non plus la corruption
_ Une inégale insertion au processus de
mondialisation
La fracture Nord-Sud balafre notre planète mais nous ne pouvons pas nous en tenir à ce constat trop
simplificateur. Depuis 1973, les PED se singularisent les uns par rapport aux autres.
Il est possible de faire des regroupements régionaux :
L’Asie
Elle donne l’impression de sortir du mal développement. Les anciens NPI d’Asie : Corée du Sud,
Taiwan, Singapour sont depuis près de 20 ans considérés comme des pays du Nord. La Chine,
dans l’OMC depuis 2001, à l’instar de l’Asie pacifique, connaît des taux de croissance sans égal par
ailleurs. L’Asie a su s’insérer dans le commerce mondial, en utilisant d’abord l’abondance et le côté
bon-marché de sa main d’oeuvre. Jusqu’en 1997, on pouvait parler de « prospérité économique » pour
cette zone, quand les « Tigres » (Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Philippines) s’industrialisaient, prenant
le relais des 4 NPI. La crise de 1997 a révélé la fragilité de l’essor économique pour ces derniers.
L’Amérique latine
Elle s’est également insérée dans les échanges mondiaux mais les progrès ne sont pas aussi spectaculaires
qu’en Asie. Globalement, la richesse y progresse mais les écarts sociaux sont caricaturaux.
Les tentatives d’organisations régionales comme le MERCOSUR ne sont pas convaincantes
pour l’instant ; ces pays restent très dépendants des institutions financières internationales
comme le FMI et la Banque Mondiale comme l’a montrée le naufrage de l’Argentine en 2001-2002.
Des maux plus spécifiques persistent et gangrènent sinon la société du moins l ‘économie et la politique
comme le trafic de drogue, spectaculaire en Colombie.
L’Afrique subsaharienne
Elle donne l’impression depuis 25 ans de s’enfoncer dans le mal développement. C’est un territoire
délaissé, qui ne réalise qu’à peine 3% de la richesse mondiale. Elle cumule presque tous
les obstacles au développement vus précédemment, et ce n’est pas par hasard si on y localise la
plupart des Pays Les Moins Avancés (PMA) du monde. Endettement, guerre, corruption, pandémies…
La situation de l’Afrique est très préoccupante.
Le monde islamique
Il présente en fait une grande diversité. Les monarchies pétrolières d’Arabie côtoient des PMA
comme l’Afghanistan. Aujourd’hui, plus que les contrastes de richesse, c’est le péril de l’islamisme
qui pointe et pourrait être mortel à tout processus de développement : en Afghanistan
de 1996 à 2002 ; en Iran de 1979 à nos jours, en Algérie depuis 1988.
A travers cette étude du Sud, on perçoit bien que les difficultés économiques et sociales des PED persistent.
Une tentative partielle de réponse a été proposée : les politiques de coopération ou d’aide au
développement dont la France dans le cadre de la francophonie a été un leader. On a vu les accords
de Lomé entre les pays ACP et l’Union Européenne, régulièrement reconduits depuis 1975. Cette aide
au développement a été fortement critiquée comme étant « néocolonialiste », entretenant
la dépendance, technique, culturelle … des PED de même que l’est de plus en plus la main
mise sur les économies défaillantes des PED du FMI et de la Banque Mondiale dans le but,
officiel, de restreindre la dette. ■

lundi 5 avril 2010

Histoire: l'Europe depuis 1945

Europe au lendemain de la guerre = un continent meurtri, à la fois victime et responsable de la plus grande barbarie jamais connue, du plus grand carnage. La « guerre civile européenne » est rejetée , il y a un idéal fort issu de ce rejet et qui prône l’union de l’Europe. Volonté de reconstruire sur d’autres bases, à la fois de la part des dirigeants et de la part des peuples
Mais l’Europe, malgré ces discours sur sa nécessaire unité, reste divisée
Libérée à l’ouest par les Alliés / à l’Est par l’URSS seule
Des lignes de partage qui demeurent pendant toute la période de la guerre froide, jusqu’en 89. Des évolutions différentes des 2 côtés du « rideau de fer ».
En 89/91, une réunification, mais dans des conditions difficiles

1- La construction européenne
Des débats sur la nature de cette construction
Sur l’implication populaire dans ce processus :
- Une Europe née de la volonté des peuples de s’unir dans la paix après des années de guerres ?
- Une Europe née de la volonté des puissants de s’unir pour maximiser les profits en mettant les salariés en concurrence ?
Sur les objectifs de la construction européenne : une Europe puissance (politique) ou une Europe marché (économique) ?
Sur les buts géopolitiques : une Europe issue de la volonté des Etats-Unis face à la zone d’influence de soviétique à l’est (autre version = union des Etats d’Europe face à la menace soviétique) ou une Europe issue de la volonté des Etats européens de s’unir pour peser et constituer un espace indépendant ?

Toutes ces problématiques sont toujours d’actualité. C’est un débat très marqué idéologiquement, l’Europe est une question qui divise. Le fait qu’il y ait des débats sur la nature de l’Europe est à l’origine du fait que la construction a été longue, progressive et limitée : attachement des Etats à leurs intérêts nationaux par exemple, ont empêché certains éléments de la construction européenne (CED). L’histoire de la construction européenne n’est donc pas linéaire, elle est une histoire faite d’avancées, de reculs, de stagnations.

1: LES FONDEMENTS DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE
1.1: L'Europe doit sauvegarder la paix:

Cette notion date déjà de la première guerre mondiale et des premiers rêves d'Union européenne


• L'Europe a été traumatisée par les deux guerres mondiales et en particulier l'ouverture des camps de concentration a provoqué un choc particulièrement profond. Donc dès la fin de la guerre, une volonté commune domine: mettre en oeuvre des mesures concrètes pour unir les européens et surtout pour garantir la paix. Dans la Résistance et dans les camps, l'idée européenne était présente: l'unification européenne était souvent considérée comme la solution aux guerres et comme le remède contre le fascisme

• L'Europe doit beaucoup au volontarisme de ses "pères fondateurs": Jean Monnet ( le commissaire au plan) et Robert Schuman (le ministre des affaires étrangères)pour la France. Ces personnages représentent la tendance politique baptisée Démocratie chrétienne. L'impulsion est donnée par Winston Churchill qui en mai 1948 réunit 800 délégués de 19 pays dans un Congrès à la Haye. Les francais et les anglais sont les plus nombreux mais ce congrès est le premier appel favorable à une Europe unie qui correspondrait à la constitution des " Etats-Unis d'Europe". Les Européistes sont convaincus que le progrès social et économique n'est possible que si les Etats interviennent pour réguler l'économie, limiter les inégalités et rendre plus efficace l'appareil productif.

• La guerre froide accélère la construction de l'Europe car les Etats-Unis sont persuadés qu'une Europe occidentale unie serait le meilleur rempart contre " le péril rouge". En 1947 les Etats-Unis proposent une aide aux Etats européens, le plan Marshall mais seuls les Etats d'Europe occidentale l'acceptent. En 1948 les Etats-Unis fondent ainsi l'Organisation Européenne de Coopération Economique ( OECE) dont la mission est de répartir l'aide prévue dans le cadre du plan Marshall. C'est la première réalisation vers un marché commun.

1.2: L'Europe, défenseur de la démocratie

L'Europe est le berceau de la démocratie car c'est le résultat d'une longue histoire où le parlement s'est fait le défenseur des libertés individuelles et le garant du contrat entre le peuple souverain et le pouvoir qui le représente. Les fascismes avaient menacé cette démocratie entre les deux guerres .

• Après 1945, la démocratie regagne du terrain. Les derniers régimes autoritaires ( Grèce, Espagne, Portugal) disparaissent dans les années 70. Partout les constitutions garantissent le multipartisme et obligent les gouvernements à défendre leur responsabilité devant les parlements.

• L'économie de marché domine partout sur la base du respect des libertés économiques: droit à la propriété privée et initiative individuelle. Cela n'empêche pas une évolution vers une intensification du rôle économique de l'Etat: en France, en Grande-Bretagne,en Italie et en Allemagne les nationalisations élargissent le secteur public. Ce sont les pouvoirs publics qui lancent de vastes programmes de reconstruction et d'équipement. En Allemagne modèle du dialogue social C'est un modèle finalement original qui est proposé par l'Europe occidentale.

• L'Europe d'après guerre serait même une Europe sociale car pour corriger les inégalités sociales et favoriser la croissance et l'emploi, la plupart des pays européens renforcent leur système de protection sociale sur le modèle proposé par le britannique William Henri Beveridge qui prône l'instauration du " Welfare State" donc de l'Etat- providence. En France cela onnera la création de la Sécurité Sociale. .

1.3: L'Europe se cherche un cadre ( 1946-57)
• En mai 1949, 10 états européens se réunissent à Londres pour créer le Conseil de l'Europe. Celui-ci se présente avant tout comme " un grand laboratoire d'idées" et son but est de renforcer la solidarité entre Européens sur le plan social, juridique, culturel et scientifique. En 1950, le Conseil promulgue la Convention européenne des Droits de l'homme. Ce conseil, simple organisme de coopération, n'a pas les pouvoirs de mettre en oeuvre des politiques communes.

• L'initiative du passage d'une simple coopération à une véritable communauté revient à Jean Monnet, favorable à la construction des Etats-Unis d'Europe" et R Schuman, ministre des AE
Textes 5 et 6 p. 213 : question 1 = expliquer la phrase
Il est convaincu qu'il faut une action concrète, portant sur un point limité et décisif. Cette union se fera autour du noyau franco-allemand et se réalisera progressivement par la stratégie " des petits pas". C'est ainsi que va naître la CECA( communauté économique du charbon et de l'acier), le 18 avril 1951. Robert Schuman, ministre des affaires étrangères lance un plan inspiré des idées de Jean Monnet, visant à placer la production franco-allemande de charbon et d'acier sous la Haute Autorité commune , véritable organe supranational. D'autres pays européens peuvent entrer dans l'organisation. 6 pays en font partie: la France, la RFA, l'Italie et les 3 pays du Bénélux ( Pays-Bas, hollande, Luxembourg). Autre vision des choses = la CECA = renforce les coopérations entre les capitalistes allemand et français, déjà permettent de faire baisser les salaires, pratique ensuite étendu à tout le reste

• Le 27 mai 1952, un nouveau traité est signé à Paris entre les membres de la CECA afin de créer la CED , la Communauté Européenne de Défense. Cette idée est celle du président du conseil français, René Pleven qui pense ainsi permettre le réarmement allemand sans reconstituer une armée allemande autonome. Il s'agirait d'une armée commune placée sous l'autorité d'un ministre européen de la défense. Mais si les 5 partenaires de la France ratifient le traité, les français eux se divisent sur ce projet car certains craignent que la France perde son autonomie dans sa politique de défense. Résultat: le parlement français sous la pression des gaullistes et des communistes rejettent la CED. Les américains permettent à la RFA de reconstituer son armée et l'Allemagne entre dans l'OTAN ainsi que dans l'UEO ( Union de l'Europe Occidentale) , dans le pacte d'assistance mutuelle entre les états d'Europe Occidentale.

• La relance de la construction ne va se faire qu'en juin 1955 à la conférence de Messine dans laquelle les ministres des affaires étrangères des 6 et des experts de la CECA tentent de tirer les enseignements du rejet de la CED. La décolonisation est en train d'affaiblir les puissances occidentales et la pression des deux grands se renforce; il faut relancer la construction européenne en élargissant l'union économique dans d'autres domaines que l e charbon et l'acier.

• C'est ainsi que le 25 mars 1957, les 6 pays de la CECA signent le traité de Rome qui institue 2 organismes complémentaires: la CEE ( communauté économique européenne) et l'Euratom ( communauté européenne de l'énergie atomique). Le Marché commun est né c'est à dire une suppression progressive des frontières entre les états membres même si le traité de Rome préserve la souveraineté des Etats. Ce n'est que le début du débat.Un tarif Extérieur Commun, le TEC qui est un tarif douanier commun est adopté, à l'égard des autres pays. Cette " Europe des marchands" est loin d'être celle à laquelle rêvaient les pères de l'Europe....

• La clé de voûte de l'Europe reste l'entente franco-allemande et le Général de Gaulle et le chancelier Adenauer multiplient les contacts et signent des traités d'amitié et de coopération qui exaspèrent d'ailleurs les américains. Le Général pèse de son poids sur l'avancée de l'Europe puisqu'en 1967 il s'oppose à l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun, qu'il estime trop proche des américains. Pour empêcher l'intégration avec la règle de la majorité au Conseil, il suspend la participation de la France aux travaux à Bruxelles. C'est la politique de la chaise vide qui met des tensions au sein de la CEE mais qui se termine par la victoire de la France puisqu'en 1966, à Luxembourg il est entériné que sur les points essentiels, le vote à l'unanimité reste la règle.

2: DE L'EUROPE DES 6 A L'EUROPE DES 12:


2.1: Des institutions et des politiques communes
6 p 215 : L'organigramme des institutions principales de la CEE montre que celles-ci garantissent avant tout la souveraineté de chaque Etat.

• Avec le traité de Rome, la Commission Européenne siégeant à Bruxelles et constituée de membres désignés par les gouvernements des états-membres , avait le rôle moteur: elle proposait et appliquait. Dans la réalité c'est le Conseil des ministres des Etats-membres qui est le seul habilité à prendre des décisions. D'autre part la plupart des décisions sont prises à l'unanimité même si il est prévu une autre possibilité: la majorité qualifiée c'est à dire 2/3 des voix. A partir de 1966, une décision communautaire fermera un peu plus le système puisqu'elle permettra à un Etat de s'opposer à une décision communautaire lorsqu'il estime ses intérêts vitaux menacés. Au sommet de la hiérarchie, à partir de 1974, il faudra ajouter le Sommet européen qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement, mais qui ne fait que définir les grandes orientations. Son rôle est uniquement de renforcer la concertation entre les chefs de gouvernement.

• A l'initiative du couple franco-allemand, un Parlement européen est créé en 1976, qui va devenir le symbole de la démocratie européenne. Depuis 1979 il est élu tous les 5 ans au suffrage universel direct par les électeurs des Etats-membres. Cependant ce parlement formé d'élus nationaux ne dispose pas de pouvoirs législatifs comparables à ceux des parlements nationaux. On peut considérer son rôle comme essentiellement consultatif même si progressivement il a pris du poids dans les institutions; surtout depuis qu'il peut renverser la Commission Européenne et qu'il vote le budget.

• L'une des plus importante politique commune fut d'organiser le grand marché européen. Ce marché commun est achevé en 1968 avec la complète disparition des barrières douanières à l'intérieur de la CEE. A ce marché vient s'ajouter l'instauration d'un FEOGA, un Fonds européen de garantie agricole dans le cadre d'une Politique Agricole Commune ( la PAC). Elle est fondée sur 3 principes: la libre circulation des produits agricoles dans la communauté; la préférence communautaire en matière de commerce agricole; la garantie des prix des produits. Ainsi les agriculteurs , à coup de subventions sont assurés de percevoir un revenu minimal.

• En 1971 éclate une grave crise monétaire provoquée par la dévaluation du dollar et le fait que le dollar ne puisse plus être converti en or. Pour y faire face, dans un premier temps, les Européens mettent en place le Serpent monétaire qui vise à réduire les fluctuations entre leurs monnaies; puis le dispositif s'avérant peu concluant la Communauté européenne créé un Système Monétaire Européen en 1979 qui permet une véritable stabilisation des taux de change et y ajoute une unité monétaire européenne: l'Ecu.

• Les marchandises et les capitaux circulent donc librement à l'intérieur de la Communauté mais pas encore les hommes. Jacques Delors, est alors Président de la Commission et conduit la signature de l'Acte Unique Européen en février 1986. C'est à dire qu'un " marché unique européen" doit être constitué à la date du 1 janvier 1993 . D'autre part dès 1987, le programme Erasmus favorise la circulation des étudiants des pays membres.

2.2: Un élargissement progressif
Deux phases importantes peuvent être distinguées dans cet élargissement progressif: l'Europe à 9 avec l'adhésion du Royaume-Uni puis l'Europe à 12 qui marque l'ouverture de l'Europe au sud.

• Le Royaume-Uni restait attaché au Commonwealth et s'opposait à la construction européenne. En réponse à l'Europe, en 1959 le Royaume-Uni avait pris l'initiative de créer l'AELE (Association européenne de Libre-Echange) dans laquelle le Royaume-Uni avait attiré le Danemark, la Suède, la Norvège, le Portugal, la Suisse et l'Autriche. Mais revirement d'attitude en 1961: le Royaume-Uni demande à entrer dans la CEE car il admet le succès de cette nouvelle Europe et ne veut pas en être tenu à l'écart. C'est le Général de Gaulle qui repousse le Royaume-Uni. Avec l'arrivée à la présidence française de Georges Pompidou, la situation se débloque et le 1er janvier 1973, le Royaume-Uni accompagné de l'Irlande et du Danemark entrent dans la CEE. Nous sommes passés à l'Europe des 9.

• Le processus du deuxième élargissement s'engage au milieu des années 1970 à la suite du retour à la démocratie de 3 pays méditerranéens candidats: en Grèce, la chute du régime des colonels, en 1974; au Portugal " la révolution des oeillets" en 74 aussi; en Espagne la mort du Général Franco en 1975. La Grèce entre dans la CEE en 1981 et l'Espagne et le Portugal en 1986. Pour la première fois la CEE va devoir se poser deux questions qui sont à nouveau d'actualité avec l'élargissement actuel à l'Est: l'Europe agrandie ne perd -elle pas son identité? l'ouverture à des pays n'ayant pas le même niveau de développement ne risque t-il pas d'accroitre les disparités économiques et de menacer les emplois?

Quel est le bilan de la construction européenne en 1989?

Il y a tout d'abord des atouts à cette construction:

• La paix tout d'abord! après des siècles de guerres , l'Europe est enfin une Europe de paix , même assez emblématique dans un monde qui globalement souffre sur tous les autres continents. Par ses valeurs démocratiques, elle est un modèle et d'ailleurs elle intervient partout dans le monde en faveur du respect des droits de l'homme.

• La CEE est une réussite économique: la CEE est devenue une puissance économique mondiale. La suppressions des barrières douanières a encouragé l'essor des échanges entre les partenaires européens. La PAC a stimulé les productions agricoles et à protéger les agriculteurs. La coopération technologique n'a cessé de croître et a débouché sur des réussites spectaculaires en matière aéronautique ( Concorde) et aérospatiale ( Ariane). La CEE représente en 1989, 15% du commerce mondial et 30% de la production industrielle.

• L'Europe se préoccupe des problèmes sociaux: elle vient en aide aux catégories sociales défavorisées et aux régions défavorisées avec le FEDER ( Fonds européen de développement régional) qui finance les entreprises et les infrastructures des régions en difficulté. En 1989 elle se dote d'une Charte européenne des droits sociaux. Elle participe au développement dans le monde en signant des accords de coopération à Yaoundé en 1963, à Lomé en 1975, 1979, 1984 avec les pays ACP ( Afrique, Caraïbes, Pacifique). Elle leur garantit des conditions commerciales préférentielles, une aide alimentaire et une assistance technique et financière.


Mais le modèle européen montre déjà ses limites:

Le poids des dépenses agricoles fait l'objet de critiques en particulier du Royaume-Uni qui reçoit peu d'aides car ayant une agriculture peu développée, et achetant beaucoup aux autres pays. L'instauration du marché commun stimule la concurrence économique mais provoque des frictions entre l'Italie et la France, tous deux producteurs de vins ou entre la France et les pays du Sud pour les fruits et légumes.

Les préoccupations nationales dominent: les Etats ne sont guère disposés à admettre des mesures qui feraient de la communauté une organisation supranationale. La crise pétrolière puis économique est venue susciter des politiques économiques divergentes. Pendant que Margaret Thatcher privatise à partir de 1979, François Mitterrand nationalise. L'absence d'une politique commune de défense est aussi un facteur de division surtout que seuls la France et le Royaume-Uni disposent de l'arme nucléaire.

Le couple franco-allemand est basé sur des rapports de force. A l'époque du Général de Gaulle la France paraît dominer la CEE obligeant notamment au vote à l'unanimité ou refusant le Royaume-Uni. A partir de 1970 c'est la RFA qui prend le relais car c'est le pays économiquement le plus puissant de la CEE. La chute du mur de Berlin et la réunification allemande vont renforcer cette tendance.


2- Les démocraties populaires

L'EUROPE DE L'EST DE 1946 A NOS JOURS
Dans les années qui suivent la seconde guerre mondiale, le modèle soviétique s'étend en Europe puisque 8 états d'Europe centrale et orientale deviennent des démocraties populaires. Elles ont donc adopté un régime de parti unique et économiquement cela implique qu'elles ont collectivisé les moyens de production et adopté une planification autoritaire. Sur le plan militaire cela veut dire l'adhésion au Pacte de Varsovie. Ce bloc qui parait si solide connaîtra la rupture de la Yougoslavie dès 1948 et les mouvements de contestation populaire sévèrement réprimés en Hongrie et en RDA porteront atteinte à leur crédibilité. Lorsque le "printemps de Prague" en 68 et la révolution en Pologne en 80 s'enchaînent , l'effondrement des démocraties populaires semblent inéluctables. La chute du mur de Berlin n'est que le symbole de cet effondrement. Ce sujet pose 3 questions: comment l'Europe de l'Est a t-elle vécu la domination de l'Union soviétique? comment expliquer l'effondrement du communisme en Europe de l'Est? comment faire vivre des démocraties fragiles et récentes tout en les intégrant à l'Union Européenne?
1/ L'Europe de l'Est devient communiste :
1.1:la mise en place de l'ordre stalinien:
Comment les soviétiques mettent-ils sous tutelle l'Europe de l'Est? n'oublions pas que les communistes bénéficient d'un grand prestige à la fin de la guerre, qu'ils proposent des réponses aux aspirations populaires.
• L'influence des partis communistes s'accroit dans tous les pays de l'Est de l'Europe car ce sont les armées de partisans qui en Yougoslavie par exemple ont libéré le territoire, donc se sont emparées du pouvoir. C'est l'Armée Rouge qui a libéré la partie orientale de l'Allemagne et qui l'occupe. est fini maintenant que les nazis ont montré l'horreur.
• C'est elle aussi qui a libéré la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie et les soviétiques soutiennent les " partis frères" . Seuls les communistes yougoslaves et albanais sont assez puissants pour gouverner seuls tandis que dans les autres pays ce sont des gouvernements de coalition, des " fronts nationaux". . Mais ils sont plutôt favorables à une " démocratie populaire" c'est à dire un régime intermédiaire entre le capitalisme occidental et le socialisme soviétique.
• Dans tous ces pays l'une des grandes inégalités reposait sur la répartition des terres. Les nouveaux gouvernements commencent par redistribuer les terres des grandes propriétés. En Bulgarie, en plus les communistes encouragent le mouvement coopératif mais les paysans ne sont guère enthousiastes.
• Les gouvernements nationalisent les grandes usines, les sources d'énergie, les transports, les banques, les commerces privés ce qui leur donne l'appui le plus large du peuple de leur pays respectif.
1.2:les caractéristiques des démocraties populaires:
Ces démocraties deviennent des régimes autoritaires dans lesquelles l'économie est planifiée et la société parfaitement encadrée.
• En juillet 1947, L'URSS contraint la Tchécoslovaquie et la Pologne à refuser l'aide Marshall, ce qui les coupe de leurs alliés occidentaux. A l'automne 1947, avec la fondation du Kominform, Jdanov somme les communistes de resserrer les rangs autour de l'URSS et de remettre en cause leur politique antérieure de respect du jeu parlementaire. Ce sont les communistes qui contrôlent l'armée, la police et la justice et qui éliminent les opposants par une épuration très dure comme en Hongrie.C'est la "tactique du salami" qui a culminé en Tchécoslovaquie avec le coup de Prague de 1948. Partout ils cherchent à sauvegarder les apparences démocratiques en remportant les élections au prix de manipulations douteuses telles que des interdictions de se présenter, des listes éliminées et de la fraude électorale.
• Les institutions sont calquées sur celles de l'URSS. Les partis communistes disposent de la totalité du pouvoir organisant des parodies d'élections avec un seul candidat autorisé à se présenter: celui du Parti . La répression touche tous ceux qui s'opposent à la ligne officielle, même parmi les membres du Parti. En Bulgarie, on enregistre 100 000 déportations en 1945-46. Le pluripartisme et la démocraties ont totalement disparu en 1960 au moyen d'une police politique pléthorique et d'une propagande omniprésente.
• Une planification inspirée de l'exemple soviétique se met en place, privilégiant l'industrie lourde au sein de grands complexes étatisés comme Nowa Huta en Pologne. L'un des buts est d'accroître le nombre des ouvriers. Sur le plan économique, la création du CAEM en 1949, a pour but d'harmoniser les plans quinquennaux des démocraties populaires avec celui de l'URSS ce qui en réalité va accroître la dépendance économique des démocraties. Par exemple à la fin des années 50, la Pologne importe la moitié de ses céréales , de ses hydrocarbures et les 3/4 de ses minerai de fer à un prix fixé par Moscou. La CAEM est surtout profitable à l'URSS.
• L'un des problèmes est que les productions agricoles sont insuffisantes et que d'une manière générale les besoins de la population sont mal évalués. Les pays arrivent très vite à une situation de pénurie car le développement des biens d'équipement se sont souvent faits au détriment des biens de consommation.
• La société est très encadrée. En effet le développement rapide de l'industrialisation favorise la promotion sociale car les paysans pauvres trouvent dans les usines ds revenus réguliers. Par l'allongement de l'enseignement ouvert à toute la société une nouvelle intelligentsia se forme , très loyale au régime. Les femmes trouvent une vraie place dans le travail et la société et tous bénéficient d'un meilleur encadrement sanitaire et d'une meilleure protection sociale.
• L'alignement forcé sur l'URSS ne se fait pas sans mal. Le 28 juin 1948, le Kominform condamne le nationalisme yougoslave. Tito, le chef yougoslave refusant de faire son autocritique, la Yougoslavie est expulsée de l'organisation et dès qu'un pays semble se détacher du modèle soviétique, il est rapidement accusé de " titisme" ou de " sionisme".
2/ LA REMISE EN CAUSE DE LA TUTELLE STALINIENNE ( 1950-60)
2.1:Une déception générale et les premières contestations:
• Les populations souffrent de pénuries et en particulier au niveau alimentaire car l'agriculture a été sacrifiée et les paysans préfèrent travailler sur leur parcelle individuelle et vendre sur des marchés parallèles. Les dépenses militaires de la guerre froide ont aggravé le poids des dépenses des Etats. Les citadins sont encore plus touchés que les ruraux. Par exemple en 1956, un ouvrier hongrois consacre les 3/4 de ses revenus à la nourriture de sa famille. De plus les logements sont insuffisants.
• L'absence de liberté et l'aggravation de la répressions renforcent l'insatisfaction générale.
• Les ouvriers sont les plus déçus avec leurs horaires démentiels, leurs heures supplémentaires imposées et non payées, leurs réductions de salaire pour gaspillage, leurs condamnation à des peines de prison pour sabotage. Malgré la répression, ils réagissent par un ralentissement des cadences. On a l'exemple de la Tchécoslovaquie en 1953, où les ouvriers des usines Skoda ont lacéré des portraits de Gottwald et de Staline. La crise en RDA fut plus terrible encore: en 1953, le gouvernement relève de 10% les normes de travail des ouvriers, c'est à dire leurs normes de production mais sans contrepartie. Des manifestations éclatent dans près de 300 villes de RDA et la répression qui s'ensuit fait une centaine de morts et le 17 juin , les chars soviétiques interviennent à Berlin.
• L'année 1956 sera décisive dans la contestation. Le rapport Krouchtchev favorise des discussions plus libres et les ouvriers vont en profiter; notamment en Pologne, les ouvriers des usines Staline de Poznan se mettent en grève en juin. Les manifestations tournent mal avec destruction de bâtiments pubics et une cinquantaine de morts du côté des ouvriers. En Hongrie, encouragés par les évènements polonais , les étudiants réclament des réformes radicales à leur tour mais là les soviétiques envoyent leurs chars ( 2000 chars) et le bilan sera lourd: des milliers de morts et de blessés, 15000 déportés, environ 200 000 exilés et le réformateur Imre Nagy chassé du gouvernement est même exécuté.
• Doc.3 p.229 : photo de la révolte de Berlin-Est du 17 juin 1953.

• - Après la mort de Staline, 1er mouvement de contestation du modèle soviétique : émeute ouvrière à Berlin-Est le 17 juin 1953, contre l’augmentation des normes de production, écrasée dans le sang par l’Armée rouge.

• Doc. 3 p.236 : discours de Gomulka du 21 octobre 1956.

• - Crise polonaise en 1956.
• Juin : émeutes ouvrières antisoviétiques (Poznan). Octobre : nouvelles émeutes ouvrières : retour de Gomulka (écarté du pouvoir sur ordre de Staline en 1948 et emprisonné en 1951) à la tête du PC polonais. « Voie polonaise vers le socialisme ». Khrouchtchev, artisan de la déstalinisation, préfère éviter l’affrontement et laisse une certaine autonomie à la Pologne, à condition que celle-ci ne remette pas en cause l’existence du bloc…

• Doc.1 p.228 : photo de la statue de Staline décapitée à Budapest en octobre 1956.

• - Insurrection hongroise d’octobre 1956,
• encouragée par les évènements polonais et la politique de déstalinisation menée par Khrouchtchev. Rakosi est remplacé par le communiste réformateur Nagy, qui annonce le pluralisme politique et le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie. Face au danger d’éclatement du bloc, intervention de l’Armée rouge (20 000 morts du côté des insurgés hongrois). Le cas hongrois montre les limites de la déstalinisation et des possibilités d’indépendance des DP.

3.2 Des volontés d’autonomie encadrées par l’URSS dans les années 1960.
Années 60 = une politique qui se fait plus hésitante, les dirigeants des démocraties populaires sont conscients que les évenements de 53 et de 56 sont une véritable alerte.

• - Mur de Berlin, 13 août 1961.
• Edification d’un mur de 46 km de long, de deux mètres d’épaisseur, de 3 à 6 mètres de haut, avec un no man’s land de 200 à 400 mètres avec miradors et barbelés ; les points de passage sont réduits à un tout petit nombre et sévèrement contrôlés. Passage d’Est en Ouest devenu impossible à supporter pour la RDA. De 1950 à 1960, plus de deux millions d’Allemands de l’Est sont passés à l’Ouest. Désaveu inacceptable du régime communiste (« ils votent avec leurs jambes »). Hémorragie terrible : les forces vives du pays partent (adultes jeunes et qualifiés, cadres et techniciens).

• - Quelques manifestations d’indépendance tolérées par Moscou en Europe de l’Est.
• Ex. hongrois : Kadar mène une politique économique originale, assez libérale et autonome (planification limitée, ouverture sur l’extérieur, plus d’initiatives aux entreprises), avec quelques assouplissements politiques (censure moindre, voyages autorisés vers les autres DP).

• - Le « Printemps de Prague », Tchécoslovaquie, 1968.
• Doc.4 p.229 : texte de Vaclav Havel.
• Janvier 1968 : prise de pouvoir des communistes réformistes (Dubcek). Evolution vers un « socialisme à visage humain » avec une série de réformes, dont certaines sont effectuées, d’autres annoncées : suppression censure, multipartisme, réhabilitation des victimes du communisme, démarcation des pouvoirs entre Etat et Parti… Enthousiasme populaire, mais grande inquiétude à Moscou et dans les DP (crainte d’une contagion). Août 1968 : intervention de l’Armée rouge, répression brutale. Démission de Dubcek. L’échec du « Printemps de Prague » illustre à la fois les limites de l’autonomie des DP et l’incapacité du système communiste à se réformer.

Les dirigeants des démocraties populaires sont conscients que les évenements de 53 et de 56 sont une véritable alerte.
(En Tchécoslovaquie les prix des produits alimentaires baissent de 10 à 40%. En RDA, un frein est mis à la collectivisation. En Pologne, Gomulka libère les prisonniers, limite les pouvoirs de la police et revient sur la collectivisation des terres. Par contre les réformes politiques semblent impossibles. Toute proposition des intellectuels de pluralisme est réprimée comme en RDA.
En RDA, en Tchécoslovaquie, les économistes commencent à parler de donner un peu plus d'autonomie aux entreprises mais c'est en Hongrie que les réformes vont le plus loin: une large autonomie est accordée aux coopératives agricoles qui font des bénéfices et les pénuries alimentaires vont cesser et même la Hongrie va exporter de la viande, des fruits et des légumes. Certains produits ont des prix libres et les industries de consommation sont développées.
Certains états savent préserver leur indépendance à l'égard de Moscou: 1° La Yougoslavie de Tito suit une voie originale avec une structure fédérale qui permet de faire cohabiter le sserbes, les croates, les biosniaques, le slovènes malgré toutes leurs différences culturelles, linguistiques et religieuses. 2° L'Albanie rompt avec l'URSS pour se rapprocher de la Chine . 3° La Roumanie refuse d'entrer dans le CAEM et Nicolae Ceausescu , est très apprécié des occidentaux mais reste un véritable despote à la mégalomanie inquiétante. )
3/ VERS L'EFFONDREMENT DES DEMOCRATIES POPULAIRES
3.1: La dissidence se renforce:
Dans les années 70 la situation économique est de plus en plus inquiétante; alors que les sociétés civiles cherchent à s'adapter à la nouvelle situation, la dissidence se renforce en particulier en Tchécoslovaquie et en Pologne.
• La crise économique des années 70 se manifeste principalement par le phénomène de l'inflation qui atteint des chiffres exorbitants de 60% par an par exemple en Yougoslavie. Les états sont de plus en plus endettés car les importations sont trop nombreuses et trop coûteuses. Elles n'empêchent cependant pas les pénuries. L'état endetté n'a plus les moyens d'entretenir ses bâtiments publics.
• Le communisme ne fait plus recette auprès des jeunes qui ne prennent leur carte au Parti que pour accéder à l'emploi. On se trouve avec des appareils dirigeants menacés de gérontocratie c'est à dire des gouvernements exercés par des vieillards.
• Les partis au pouvoir, incapables de surmonter les carences doivent bien supporter le développement des marchés parallèles, du travail au noir, et l'absentéisme dans les entreprises d'état. Ils doivent aussi s'accomoder des mouvements des jeunes qui sont à contre-courant culturellement de la ligne officielle et constater qu'il y a un renouveau de la pratique religieuse. Du moment que le pouvoir communiste n'est pas remis en cause, les gouvernements supportent, ne pouvant proposer mieux à la société civile.
• L'opposition s'organise vraiment dans certains pays commela Tchécoslovaquie. En janvier 1968, le premier secrétaire du parti communiste, Novotny, donne sa démission au profit du libéral Dubcek, qui quelques mois plus tard accepte la création d'autres partis que le parti communiste, abolit la censure de la presse et assure le droit de voyager à l'étranger. L'URSS craint la contagion en Pologne et en RDA donc le 21 août 1968, les troupes du Pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie et arrêtent Dubcek. Il sera remplacé par un libéral plus favorable à l'URSS, Husak.
• C'est en Pologne que cette opposition prend le plus d'ampleur. Cf etude de docs p.
Une brutale augmentation des prix décidée à la fin des années 70 est à l'origine des troubles violents dans les ports de la Baltique, aux chantiers navals de Gdansk.EN 1976 des évènements similaires se répètent qui permettent à l'opposition de se renforcer : ils créent un Comité de défense des ouvriers le KOR pro-occidental et antisoviétique. Surtout un ouvrier mécanicien des chantiers navals de Gdansk, Lech Walesa fonde la fédération Solidarité ( Solidarnosc) un syndicat indépendant du Parti communiste polonais. Cette opposition s'unit progressivement autour d'une Eglise catholique stimulée par l'élection de Karol Vojtyla , le cardianal polonais à la Papauté sous le nom de Jean Paul II. Le syndicat de Lech Walesa est suspendu en 1981, suite à l'état d'urgence mais il garde le soutien de l'opinion internationale et en 1988, le régime polonais doit même faire appel à Walesa pour faire cesser les grèves. En contrepartie, Solidarnosc exige des élections libres qui permettent l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement non communiste.
3.2: 1989 à 2004: De la chute du mur de Berlin à nos jours:
Il s'agit d'un abandon progressif du communisme
• Le 11 mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev est élu secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique et lance la perestroïka et la glasnost .Mais introduire de tels principes dans un système complètement figé va mettre le système en péril.
• La chute du communisme va commencer en Hongrie quand en juin-juillet 1989, les réformateurs prennent le pouvoir au sein du parti communiste. Les partis non communistes sont autorisés, des élections libres sont prévues pour 1990 et Nagy, le chef exécuté en 56 reçoit des obsèques solennelles. La Hongrie devient la République de Hongrie, ce qui écarte la référence au communisme. Un gouvernement de centre-droit libéral gagne les élections libres et il demande aussitôt son retrait du Pacte de Varsovie.
• Les Allemands de l'Est sont de plus en plus nombreux à se rendre en Hongrie puis en Autriche. La RDA ne pouvant plus compter sur l'URSS fait ouvrir le mur deBerlin le 9 novembre 1989. En février 1990, les élections libres repoussent le Parti Communiste à moins de 20% et la réunification de l'Allemagne se fait dans l'enthousiasme le 3 octobre 1990.
• En 1990 tout s'enchaîne: l'opposition s'empare du gouvernement en Bulgarie; en Tchécoslovaquie des manifestations portent Vaclav Havel , prix nobel de la paix à la présidence de la République; en Roumanie, le régime dictatorial de Ceaucescu s'effondre en décembre 89 et le dictateur est exécuté. Finalement le 1 juillet 1991 , le Pacte de Varsovie disparaît.
La chute des régimes communistes ouvre l'ère de transition. Politiquement cela implique le passage à un régime démocratique avec élections libres, pluripartisme, liberté d'opinion, d'association et de religion. Sur le plan économique , ce sera le passage à une économie de marché.
• Le problème est que les traditions politiques n'existent pas dans ces pays donc ce sont souvent les anciens dirigeants des partis communistes qui prennent le pouvoir.
• Le passage brutal à l'économie de marché accentue les difficultés sociales et les électeurs se découragent très vite. le meilleur exemple est la défaite présidentielle de Lech Walesa en novembre 95 face à l'ancien communiste Alexandre Kwasniewski. De plus en plus c'est le groupe des abstentionnistes qui l'emportedans les élections car la corruption décourage les citoyens face aux hommes politiques.
• L'effondrement du communisme libère aussi les sentiments nationalistes. C'est ainsi qu'en 1992, les Tchèques et les Slovaques se séparent. Puis c'est l'explosion de la Yougoslavie avec cette guerre meurtrière qui donne naissance à 6 républiques: Croatie, Slovénie, Macédoine, Bosnie-Herzégovine, la Serbie et le Monténégro.
• L'économie de marché a privatisé les industries, a libéré les prix et les échanges , a fait fermer les usines anciennes , dangereuses et polluantes. Le résultat est la crise et le chômage, la baisse du pouvoir d'achat,et l'apparition de " nouveaux riches" souvent anciens cadres du parti. Les maux de société deviennent graves et ne sont plus maîtrisés par l'encadrement policier: la drogue, la criminalité, le proxénétisme. La seule issue que ces pays semblent avoir trouvé est leur adhésion à l'Union Européenne.

Ces dictatures ont provoqué des violations systématiques des droits de l'homme. Plusieurs états ont été le terrain d'affrontement des blocs. Mais des luttes frontalières ou des affrontements ethniques ou religieux ont pu aussi dégénérer en conflit, voire en guerre civile.

• Conclusion.
• - Effondrement rapide et brutal des DP en 1989.
• Doc.6 p.233 : carte de la fin des DP.
• La fin des DP a pris « 10 ans » (Pologne, 1980-89), « 10 mois » (Hongrie, 1988-89), « 10 semaines » (RDA, octobre-novembre 1989), « 10 jours » (Tchécoslovaquie et Bulgarie, novembre 1989, Roumanie, décembre 1989). Onde de choc de la chute du Mur.
• - Causes internes : mouvements dissidents, société civile opposée au communisme soviétique de plus en plus influente, critique de plus en plus vive de la dictature, crise éco…
• - Doc.4 p.233 : dessin du brise-glace Perestroïka du 19 décembre 1989.
• Causes externes : les réformes de Gorbatchev ont ouvert la voie à la chute des DP. Déstabilisation des PC d’Europe de l’Est. Espoir nouveau chez les dissidents.
• - Effondrement du camp socialiste et éclatement du bloc entre 1989 et 1991. Nouveaux enjeux pour l’Europe de l’Est, et pour l’Europe en général. Réunification allemande en 1990. Evolution vers le libéralisme et le capitalisme. Tentation de l’UE…



3: LES ENJEUX EUROPEENS DEPUIS 1989:
3.1: Une nouvelle Europe sort de la guerre froide:

Assez paradoxalement la fin de la guerre froide fut une source d'espoirs pour l'Europe mais aussi une nouvelle source d'instabilité. A l'automne 1989, les démocraties populaires retrouvent leur liberté puisque le rideau de fer est démantelé. La chute du mur de Berlin a entraîné la réunification des deux Allemagnes en 1990 . L'URSS retire ses troupes des pays anciens satellites et en 1991 le Pacte de Varsovie et le CAEM sont dissous.

• La construction européenne se trouve alors face à l'enjeu décisif de son histoire: exister de l'Atlantique à l'Oural; reconstituer son unité géographique et historique ; exister à l'échelle de tout un continent. Il va donc falloir élargir à l'Est: entre 1989 et 2002 le Conseil de l'Europe va permettre à l'Union Européenne de passer de 15 pays à 25. L'OTAN en 1994 va proposer à ses anciens adversaires du Pacte de Varsovie, un "partenariat pour la paix".
• Par contre de nouveaux foyers d'insécurité se développent. L'Europe n'échappe pas au phénomène mondial de résurgence des identités, à l'affirmation du nationalisme , à la montée des mouvements d'extrême-droite. Les conflits menacent. L'éclatement du bloc soviétique a provoqué la création de 17 nouveaux états européens ( en comptant la Russie et les 3 états caucasiens) et les minorités comme les Hongrois qui vivent en Roumanie et en Slovaquie réclament la reconnaissance de leurs droits.
• La guerre réapparaît en 1991 en Europe: en ex- Yougoslavie; en Croatie, en Bosnie; au Kosovo en 99. La région du Caucase considérée comme européenne, mêle des peuples aux identités variées qui cohabitent sur des territoires aux frontières imprécises: l'Arménie et l'Azerbaïdjan se disputent le territoire du Haut-Karabakh; les minorités se rebellent en Géorgie; la Tchétchénie réclame son indépendance à la Russie.

3.2: Le drame yougoslave:
Yougoslavie veut dire " slaves du sud" et l'état créé en 1918 avait ce sens et cet objectif. Il faut comprendre aussi que cet état multiethnique n'était possible que du temps du régime original communiste mais non aligné de Tito. A sa mort en 1980 et avec la chute du communisme, le ciment n'existe plus.

• Slobodan Milosevic, président de la Serbie, supprime en 1989 l'autonomie dont jouissaient les Albanais au Kosovo, provoquant de graves émeutes.
• En 1991, la Croatie et la Slovénie proclame leur indépendance et la Serbie déclenche la guerre, sous prétexte de protéger les serbes de Croatie.
• En 1992, la Bosnie-Herzégovine proclame à son tour l'indépendance et la guerre s'étend à elle . L'Europe connaît à nouveau les horreurs des bombardements de populations civiles comme à Dubrovnik ou à Sarajevo; les camps de concentration et la purification ethnique.

Il faut admettre que la communauté internationale ne semble pas réagir et que la communauté européenne est incapable d'empêcher cette barbarie, puisqu'elle n'a pas de diplomatie commune. C'est l'OTAN qui agira.

• L'Allemagne reconnaît la Slovénie et la Croatie pendant que la France soutient la Serbie, par tradition historique. Le manque de cohésion est évident….
• En 1992, l'ONU qui envoie ses casques bleus est tout aussi incapable d'empêcher les massacres. Finalement l'OTAN en 1994 intervient en Bosnie et les Etats-Unis imposent les accords de Dayton en 95 qui créent deux entités au sein de la Bosnie: la république serbe de Bosnie et la Fédération croato-musulmane.
• En 1997 la guerre reprend au Kosovo avec la population albanaise qui lutte contre l'armée serbe. Nouvel échec de la diplomatie européenne et nouvelle intervention de l'OTAN sans autorisation de l'ONU en 99. La Serbie est bombardée et doit céder; le Kosovo est placé sous administration de l'ONU.

Depuis le Tribunal Pénal International de la Haye juge les responsables croates et serbes comme Milosevic pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité mais les troupes de l'OTAN et de l'ONU sont toujours présentes pour empêcher les tensions sur place.

3.3: Les défis actuels de l'Europe élargie
Tout le problème est de savoir si l'Europe est capable de continuer à s'élargir tout en conservant ses institutions et jusqu'où doit elle mener cet élargissement?

• Les institutions européennes dès la création de la CEE ont souvent fait l'objet de débat et de critiques car elles sont très compliquées et ne semblent plus adaptées à des membres de plus en plus nombreux. La place laissée aux règles supranationales n'est pas assez grande , ce qui paralyse le fonctionnement des institutions mais l'attachement de nombreux pays à leur souveraineté nationale reste grand et les nouveaux pays de l'Est, venant juste de se libérer de la tutelle soviétique y sont très attachés aussi.
• Le pas décisif dans l'unité de la grande Europe a été franchi en 1992 avec le Traité de Maastricht qui créé l'Union Européenne, et aboutit à la création de l'Euro la monnaie unique. Le processus est renforcé par divers traités comme celui d'Amsterdam en 1999 et de Nice en 2001.
• L'élargissement est soumis à certains critères définis par le sommet de Copenhague en 93 ce qui permettra de différer l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à 2007 et de mettre toujours en discussion celle de la Turquie.

En conclusion même si l'Europe a 27 états en 2007 et 500 millions d'habitants, c'est une puissance économique représentée à l'OMC mais ce n'est pas une superpuissance. Ce n'est qu'une simple organisation de coopération régionale. De nombreux états restent en dehors de l'espace Schengen ou de la zone euro. Selon le développement des états, l'Europe est une Europe à la carte ou à plusieurs vitesses. IL n'y a pas de diplomatie commune; pas de défense commune et les populations , comme l'ont montré les votes sur la Constitution européenne ne sont pas prêtes à un super- état.